‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 107 sur 440 · Ms. : Lui ayant été présenter le cierge · texte numérisé non relu

Ms. : Lui ayant été présenter le cierge

184 MÉMOIRES DE GODEFROI TIERMANl

l'usage ordinaire, de la part de l'église de Saint-Louis de la congrégation delà nation française, dont ce Père était recteur en la place du Père du Noret, il rendit en même temps une lettre [de l'archevêque] à Sa Sainteté'.

Le pape témoigna quelque surprise à la réception de cette lettre, demanda ce que voulait ce prélat, faisant une briève description de ses qualités, plutôt néanmoins en bien qu'en mal, jusqu'à dire que c'était l'un des grands esprits de la France, et serait l'un des plus braves prélats de ce temps s'il ne se laissait trop emporter à ses opinions. Celui qui lui présentait cette lettre lui répliqua que les ennemis de M. de Sens l'avaient peut-être dépeint de ces couleurs à Sa Sainteté par un esprit de calomnie; que pour lui en son particulier, il le tenait plutôt pour un Paulus que pour un Saulus, ainsi que Sa Sainteté remarquerait bientôt par la lecture de sa lettre toute pleine de soumission, dont on lui avait envoyé une copie, et verrait quels étaient ses véritables sentiments, et les grands respects qu'il avait pour la personne de Sa Sainteté et le Saint Siège. Sur quoi le pape répliqua : Si, si, abbiamo e avremo grandissimo guslo, e vedremo di soddisfare aisuoi desiderii. Cette négociation fut alors entretenue par Tévêque de Saint-Miniat. Mais ce ne fut que des semences du fruit qu'elle devait produire en son temps.

On voit par une lettre italienne écrite par l'abbé Hilarion en 1660 que ce traité durait encore; mais qu'il s'excusait des offices que ce prélat désirait de lui et le renvoyait à M. le nonce.

La chose fut poursuivie plus chaudement en 1661. Car M. de Sens, voulant sortir de cette affaire, employa pour cet effet tout ce qu'il avait d'amis à la cour. Nous avons vu que M. de Toulouse voulait l'engager pour se soutenir luimême. De plus il entretenait une intelligence secrète avec le Père Le Roy, cordelier, confesseur de la reine-mère, qui lui en écrivit plusieurs lettres, et disposait les choses

Page 1