‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 110 sur 440 · LIVRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV

bien, avec un esprit tout à fait ecclésiastique, lui donner le moyen de sortir avec honneur d'un embarras dans lequel il s'est engagé fort mal à propos, et recevoir tout ce que l'on me proposera et qui ne blessera point ma conscience pour rendre au pape ce que je lui dois. Et afin de pouvoir traiter avec vous, je partirai d'ici aussitôt qu'il fera jour, et je vous attendrai à deux heures après midi dans une maison qui s'appelle Ravane, et qui est à la porte de Moret. J'examinerai entre ci et ce temps là ce que je puis faire, qui n'est pas à mon avis pour le mandement, que ce que vous me fîtes l'honneur de me proposera Montereau, c'està-dire un mandement en termes généraux et en fort peu de paroles, sans oublier pourtant les trois ou quatre essentielles : sans nous arrêter^ etc. Toute autre chose serait une amende honorable. Mais à l'égard de la lettre, j'ai tant de confiance en vous, que je vous supplierai de la dresser comme vous en aviez dressé une il y a quelques années, et je consentirai que vous y mettiez les mêmes termes qui sont dans celle de tous les évêques au pape sur le point contesté. Enfin nous en conviendrons plus facilement que de l'amende honorable, et M. le nonce s'en doit contenter s'il veut terminer cette affaire et m'acquérir sans retour. Je vous demande pardon de la longueur de cette lettre, que j'écris à demi-endormi, pour vous envoyer ce laquais en diligence. Je le suis, et je vous attendrai au lieu que je vous ai marqué, où je vous assurerai de mon respect et de la passion avec laquelle je suis, etc. »

Cette résistance vigoureuse de M. de Sens ne fut pas capable de rompre l'accommodement dont il traitait avec M. le nonce, M. de Marca et le Père Annat ; et s'étant mis à couvert du côté de la cour par une lettre qui s'est trouvée dans ses papiers, ceux qui le voulaient gagner ne ronrpirent pas leurs mesures pour cela.

L'un de ces articles du traité était que M. de Sens publierait tout de nouveau la Bulle d'Alexandre, que M. le nonce lui envoyait pour cet effet avec cette lettre :

111» R"io S' mio Ossmo,

Mando a V. S. Il^a la Boita di N. S Padre Alessandro VII acciocchè si compiaccia di farla pubblicare nella conformilà stabilita, confidando che ella sia par darmi questo nuovo motivo di polere

appresentare a S. B. i! suo rispelto ela sua reverenza, con sicurezza di riportarne accrescinienlo nella benigna propensione di S. S*». lo in particolare ralifico a V. S. Il^a sempre unilo alla stima che fo del suo merito un coslanle desiderio di servirla, per far apparire in veri effelti, che sono quale con pienezza di cuore sottoscrivo. Morello 22 Giugno 68 (sic) Di V. S. lima e R'na

Devotissimo servitore Celio, arcivescovo di Cesarea.

Quelque habile que fût M. de ^ens-en matière de négociation, et quelque satisfaction qu'il parût avoir de celle-ci, elle lui coûtait et lui devait coûter beaucoup plus qu'il ne paraissait au dehors. M. le nonce se prévalait de toutes les démarches et n'avançait ses affaires à Rome qu'à proportion que cet archevêque baissait en France. Il le lui fît assez ressentir, lorsqu'ayant reçu de lui l'ordonnance qu'il avait faite pour publier tout de nouveau sa constitution, laquelle il avait envoyée à Rome, et la lettre par laquelle il lui témoignait l'avoir déjà publiée dans la cathédrale, la réponse de congratulation qu'il lui fît sur ce sujet fut qu'il se persuadait qu'il ferait la même chose dans toutes les autres églises de son diocèse, qu'il ferait paraître le même zèle pour faire observer sur cette matière les constitutions des deux papes, et procurer, avec toute l'application possible, la conservation de la pureté de la religion catholique et l'extirpation totale des erreurs de Jansénius dans son diocèse. Voici sa lettre :

lUmo e Rmo sig. raio Oss™»,

lûviai venerdi medesimo alla S»» di N. S. la stampa dell' ordinanza dalla pubblicazione délia Bolla S** Sua contra gl' errori di Jansenio, con l'attestazione che già era seguita la delta pubblicazione in cotesta sua chiesa cattedrale, sperando il sentire ben presto, che ciô si eseguirà nelle altre chiese di cotesta sua diocesi, e credo che non tardera molto V. S. 11'"^ a ricevere le dimostrazioni dei gradimento délia S^» Sua insieme con la risposla alla sua lettera, che pure le Irasmessi quel medesimo giorno.

lo mi persuado che col suo zelo in fare persuadera le due Gontituzioni Pontificie sopra la delfa materia, e in procurare con ogni applicazioneil mantenimento delta purità délia cattolica religione, con estirpare totalmente i sopradetti errori dalla prefata sua diocesi, sarà tanto più accertata delta benevolenza délia S*» Sede.

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