CHAPITRE III
Lettre des grands-vicaires de Paris au cardinal d'Esté et au pape.
La dépêche du courrier qui était parti par ordre du roi pour rendre au pape le paquet de Sa Majesté contre les grands- vicaires du cardinal de Retz étant connue de toute la France, ces premiers officiers de l'archevêque de Paris auraient manqué à toutes sortes de devoirs divins et humains s'ils se fussent endormis dans un temps où l'une des plus grandes puissances de la terre se déclarait si manifestement contre eux. Ils se crurent obligés d'écrire aussi de leur part pour informer le Saint-Siège de la sincérité de leurs intentions, et de l'état de la chose dont il s'agissait. C'était solliciter un procès après un jugement rendu; mais ce jugement leur était encore inconnu, et toute la prudence humaine n'aurait pas pu se persuader que la cour de Rome, qui ne se remue ordinairement que par de grandes machines, et qui pèse toutes les circonstances d'une affaire quand elle peut avoir des suites considérables, dût agir en cette rencontre avec tant de chaleur et avec une précipitation si opposée au flegme des Italiens.
1. Tout ce long passage depuis : Celte affaire ne fut pas la seule, a subi au ms. plusieurs corrections de la M. Le Féron, et enfin a été entièrement barré. Il ne figure pas aux copies. On a cru bon de le reconstituer tel qu'Hermant l'avait primitivement écrit.