‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 120 sur 440 · LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI

Ce fut ce qui obligea les grands-vicaires d'envoyer à Rome en diligence par une voie sûre deux lettres latines, qui depuis furent traduites en notre langue; l'une adressée au cardinal d'Esté, et l'autre au pape. Elles furent inutiles à son égard; mais comme elles ne le seront pas au tribunal de la postérité, il est assez à propos qu'elles trouvent ici leur place.

Epîslola I). D. Yicariorum Generalium Eminentissimi cardinalis de Retz, ad Eminentissimum cardinalem d'Esté, Gallise protectorem.

Eminentissime Cardinalis.

Gratissimum nobis accidit, etc. (Voyez l'imprimé).

Les grands-vicaires joignirent à ces deux lettres et à l'acte des curés de Paris, qui certifiaient que leur mandement avait édifié tout le monde, un écrit latin intitulé : Confutatio eorum qux adversus Vicariorum Parisiensum decretum a quibusdam obtrectatoribus objiciuntur.

Celui qui avait composé cet écrit y avait observé l'ordre et la méthode de l'école en proposant d'abord des objections, et y répondant ensuite. Mais parce que la matière en était d'une fort longue discussion, elle était subdivisée en plusieurs points et plusieurs questions différentes.

On faisait voir dans le premier point que toute cette question touchant le fait était frivole et inutile.

Dans le second, que l'on ne pouvait sans calomnie et sans imposture en accuser les grands-vicaires.

Dans le troisième, qu'elle n'était appuyée que sur des fondements faux et ruineux.

Dans le quatrième^ que la constitution d'Alexandre VII était conforme à ce sentiment.

On examinait ensuite dans cet écrit plusieurs questions : La première s'il était de fui catholique et divine que les • cinq propositions et leurs sens condamnés fussent dans Jansénius.

La seconde, qui était une suite de la première, si ceux qui refusaient d'avouer que les sens hérétiques des cinq propositions se trouvent dans Jansénius étaient hérétiques.

La troisième, si parla distinction du fait et du droit, on donnait lieu à renouveler les erreurs condamnées.

20t) MÉMOIRES DE GODEFROl HERMANT

On honorait la vérité et la justice, en composant ces écrits avec tant de peine et d'exactitude ; mais on ne la tirait .pas de l'oppression où la cabale des Jésuites l'avait réduite, et on se serait employé plus utilement selon le monde à faire des réflexions sur le nouveau bref, si l'on en eût su la teneur.

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