CHAPITRE iV
Maladie extrême de la Mère Angélique, et autres particularités du monastère de Port-Royal.
La Mère Angélique était alors sur la fin d'une très longue et mortelle maladie qui était une plus grande affliction pour ses filles que tout ce que la violence de leurs ennemis du dehors leur faisait soufTrir. M"ie i^ marquise de Crèvecœur, qui avait fait jusqu'alors une profession publique et particulière de l'estime et de l'aff^ection qu'elle avait pour cette vertueuse abbesse, crut s'en devoirconsoleravec M. Hermant, à qui elle écrivit cette lettre le 4 août :
« Dans toutes nos afflictions il faut que je cherche un peu de consolation en épanchant la douleur de mon cœur dans le vôtre, que je sais être ouvert pour recevoir tout ce qui nous touche par le mouvement de la charité qui vous anime. L'on vient de communier en viatique notre chère Mère Angélique. Elle est à l'extrémité. L'hydropisie, quoique toujours très périlleuse aux personnes de son âge, n'est que le moindre de ses maux. 11 y a trois jours qu'il lui a pris un grand dévoiement. Cela nous donna quelque espérance que cette évacuation la déchargerait, comme en eff"et elle est beaucoup désenflée. Mais comme cela a continué avec la fièvre, cela l'a mise dans une si grande faiblesse qu'elle n'y peut plus résister. Et il semble que ce soit plutôt un relâchement de nature affaiblie qu'un secours de nature. Ensuite la fluxion s'est jetée dessus sa poitrine, qui est fort oppressée, et le cerveau s'engage un peu. Et comme elle n'est plus en état de
1. Tout ce chapitre a été barré au ms. Il ne l'a pas été par Hermaot, et il y a lieu de supposer que la M. Le Pérou est l'auteur de cette suppression.