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sance parfaites aux constitutions. Et vous me permettrez de vous dire que les bruits de ce diocèse qui s'étendent jusqu'à Rome sont l'effet de son absence; c'est un diocèse au pillage, et sur lequel on fait tous les jours de nouvelles usurpations.
« J'ai cru devoir faire entendre à messieurs les vicaires généraux la manière dont Monseigneur le cardinal Rospigliosi avait reçu leur paquet, et j'avais la pensée que cela leur abattrait le courage ; mais je les ai trouvés dans une disposition bien contraire; et vous ne serez peut-être pas fâché de savoir ce qu'ils m'ont dit. Us croient donc que Monseigneur le cardinal Rospigliosi devait recevoir plus humainement leur paquet^ et que leurs personnes, avec la qualité de grands-vicaires de Monseigneur le cardinal de Retz^ qu'ils ont l'honneur d'avoir pour l'administration d'un diocèse des plus considérables de toute la chrétienté, pour le grand nombre de personnes de science et de piété qui s'y trouvent, méritaient bien qu'on ne les traitât pas avec tant de mépris ; qu'ils croient faire honneur au Saint Siège en s'adressant à lui pour lui demander justice dans une affaire d'aussi grande importance que celle-ci; que le Saint Siège est obligé de la leur rendre, et ne peut leur refuser d'être ouïs après l'avoir demandé avec tant de modestie ; qu'ils ne doutaient pas que Monseigneur le cardinal Rospigliosi ne leur fît réponse de la part de Sa Sainteté, et que vous n'eussiez la bonté de la retirer de lui pour la leur faire tenir ; que si toutefois ils ne recevaient pas de réponse, ils feraient imprimer les lettres qu'ils ont écrites au pape et à Monseigneur le cardinal Rospigliosi, pour témoigner à toute la terre le déni de justice; et comme on leur refuse l'accès et l'entrée auprès de celui qui est le Père commun de tous les fidèles, et qui, par le rang que Jésus- Christ lui a donné dans son Église, doit tendre les bras à tous ceux qui lui demandent justice ; qu'il paraîtra inouï que des personnes de leur qualité soient accusées à Rome, et qu'on leur refuse les moyens de se justifier au moment qu'on y ouvre les oreilles aux calomnies qui s'y répandent; que c'est un procédé contre tout droit naturel, humain et divin.
« Ils m'ont ajouté qu'il courait un bruit secret d'un bref contre leur ordonnance ; mais que si cela se trouvait véri-
table, qu'ils l'accuseraient de subreption, comme étant rendu contre les formes et sans parties ouïes, et qu'ils n'y déféreraient en aucune manière; qu'ils méritaient bien d'être ouïs sur une matière si considérable et où ils ont intérêt; qu'ils ont des mémoires prêts où ils montreront plus clair que le jour que le formulaire du clergé de France, en ce qu'il confond le fait avec le droit, est une hérésie ou bien une insigne extravagance. Voilà à peu près. Monsieur, ce qu'ils m'ont dit au sujet de votre lettre, et ce que je n'aurais pas pris la liberté de vous écrire si vous ne m'en aviez donné occasion en me mandant les paroles de Monseigneur le cardinal Rospigliosi, parce que si vous n'intriguez en aucune manière dans ces contestations, ainsi que vous mo l'écrivez, je vous prie de croire que je n'y prends non plus aucune part, si ce n'est autant que l'honneur de l'Eglise et du Saint Siège y est intéressé.
« Je vous prie de mettre entre les mains de M. de Saint- Aubin (c'était le nom que M. Chassebras prenait à Rome), tous les paquets qui s'adressaient à M. du Fresnel ; vous m'obligerez infiniment, et je vous conserverai toute ma vie la qualité que je préfère à celle de docteur de Sorbonne que vous me donnez et que je n'ai pas, la qualité, dis-je, et le bonheur d'être, «Monsieur,
« Votre très humble et très obéissant serviteur ***.
« A Paris, ce 9 septembre 1661, »
Comme il y avait un bref envoyé contre le mandement des grands-vicaires, il ne faut pas beaucoup s'étonner du chagrin de M. le cardinal Rospigliosi à l'ouverture de leur paquet. Il y a bien plus de sujet de s'étonner de ce que ces officiers de M. le cardinal de Retz, ayant parlé avec tant de force et de générosité ecclésiastique, oublièrent sitôt ces sentiments, si conformes au rang qu'ils tenaient et à l'honneur de leur caractère.
Le paquet de M. d'Angers ne fut pas tout à fait si mal reçu dans la suite ; quoique M. le cardinal Rospigliosi eût dit à celui qui le lui rendit que cette affaire était une affaire fâcheuse, et qu'il eût été à désirer qu'elle eût été bientôt terminée : Questo é un negozio fastidtoso cke sarebbe
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tempo che finisse, ainsi que le mandait de Rome ce correspondant de M. d'Angers le 26 septembre.
Il ne laissa pas néanmoins de répondre par ce billet à ce prélat qui ne lui était pas inconnu :
« Ill™o 6 R™» Si g.,
«cSentiroparticolargodimentosempre che ioabbiacampo di palesare a V. S. Ill"» con il testimonio dell' opère la brama che ho di servirla, in conFormità délia quale, e deir accennatomi da essa ho pero presentato riveremente a N. Sre la lettera da lei inviatami per la S'« sua. Prego V. S. 111""» a credere che anche in qualunque abbia occasione mi avra prontissimo come richiede la stima che fo del suo merito, et baccio a V. S. 111™'^ le mani « Di V. S. lUma et R"'* « Servit. G. Gard'» Rospigliosi.
« Roma26sett. 1661. »
« Monsieur,
« Ce me sera toujours beaucoup de joie de rencontrer des occasions de vous témoigner par des effets le désir que j'ai de vous servir. J'ai présenté avec grand respect au pape, comme vous l'avez désiré, la lettre que vous avez écrite à Sa Sainteté, et je vous prie de croire qu'en quelque autre occasion que ce puisse être, vous me trouverez toujours très disposé à vous donner des marques de l'estime que je fais de votre mérite.
« Je vous baise les mains, et suis votre serviteur,
« Le card. Rospigliosi.
« De Rome, le 26 septembre 1661. »
Ce cardinal ne savait peut-être point en ce temps là que c'était de lui que Dieu se voulait servir pour terminer cette grande affaire qui lui paraissait si fâcheuse, et qui donnait tant de chagrin à la cour de Rome. Mais ce billet de civilité était un avant-coureur de ce qu'il devait faire un jour pour la paix de toute l'Eglise, aussi bien qu'une marque d'estime du mérite de M. d'Angers, qu'il avait assez connu dans les négociations de Rome pour lui rendre cette justice.