CHAPITRE XIII
Couclusioa de la visite des deux monastères de Port-Royal sans aucun eflet.
Dans les derniers jours du mois d'août, M. de Conles, doyen de Paris, faisant sa visite à Port-Royal des Champs,
dit à qu'il avait été sensiblement touché de ce que
M. Bail, son associé dans le ministère, avait dit aux religieuses, que leurs supérieurs avaient soutenu toutes les hérésies qui s'étaient élevées dans l'Eglise depuis Arius, ce qui les ayant fait pleurer, quelques-unes avaient été assez généreuses pour lui résister fortement, en lui soutenant que leurs supérieurs n'avaient jamais soutenu aucune hérésie, et qu'ils avaient toujours été très orthodoxes. Monsieur le doyen leur fit justice, et leur dit le lendemain, en présence de iM. Bail, auteur de cette calomnie : « J'ordonne à M. Bail de rétracter ce qu'il dit hier. Je le condamne à cela. »
M. Floriot^ fut établi par ce grand-vicaire son associé pour confesseurdes domestiques de ce monastère, et M, Paulon pour les religieuses, et en cas de maladie de M. Paulon, la commission de M. Floriot portait qu'il pourrait tenir sa place; le tout fut signé de la main des deux visiteurs. M. le doyen, étant de retour à Paris, dit à M. le curé d'Herblay que M. Bail était convaincu de la charité, de l'union et des vertus de ces bonnes religieuses, mais qu'il était horriblement prévenu contre ceux qui les avaient gouvernées par le passé ; qu'il retournerait le mardi suivant pour achever cette visite, ensuite de laquelle il verrait M. Le Tellier pour tâcher de rétablir toutes choses dans ce monastère, c'est-à-dire pour y faire revenir les novices et les pensionnaires, ce qu'il avait déjà dit en partant de ce désert. Il se plaignit aussi de ce qu'on ne faisait pas assez valoir le procès-verbal de M. l'évéque de Lodève, en la manière qu'il était énoncé dans le grand procès- verbal de l'Assemblée de 1655, parce qu'il n'y avait rien de plus propre à son sens
1. Pierre Floriot (1604-1691) confesseur des religieuses de P. R. et ensuite curé de Lay, près des Vaux de Cernay. Le plus connu de ses ouvrages est la Morale du Pater,