‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 166 sur 440 · Ms. : de quoi · texte numérisé non relu

Ms. : de quoi

25° S'il n'a pas passé à Lesdivé et quelles habitades il y a ? A dit qu'étant allé coucher à Honsonville il passa à Lesdivé. A dit qu'il n'y a aucune habitude, sinon qu'il a vu quelquefois M. le curé à Rouen.

26° S'il n'a pas écrit aux Ursulines par personnes interposées? A dit que non, et qu'il n'a écrit qu'une fois à la Mère assistante pour lui faire offre de son service pendant son séjour à Paris.

27° Que veulent dire ces paroles, au-dessus d'une lettre : Sancta Agnes, ora pro nobisi A dit qu'il avait écrit divers billets, pour diverses religieuses qui portent les noms des saintes marquées au-dessus et que celui-là était à la sœur de Tilly, et ainsi des autres ; que les dits billets n'avaient pas été envoyés.

28° Que veulent dire ces paroles : « Je ne sais si vous vous ressouvenez d'Agnès et d'Agneau? » A dit que c'était si elle se ressouvenait de la douceur de l'Agneau.

29° S'il n'a pas écrit la lettre qui commence par ces mots : Je ne vous ai pas oublié et finit par ces paroles : de conceptiont A dit qu'ils ne prissent pas tant de peine, et qu'on lui baillât tous les billets, et qu'il reconnaîtrait bien son écriture ; ce qu'il a fait. Les billets et les lettres étaient bien au nombre de vingt ou environ.

30° Quelle personne était Le Roux, à qui il avait écrit? A dit que c'était un batteur d'or de Lyon de sa paroisse.

31° Quel est un nommé Hellot? A dit que c'était un faiseur de chaises ou futailles.

32° Si on ne lui a pas écrit pour acheter deux Suppléments pour les messes des morts, la Règle de Saint-Benoit et Wendrock? A dit que M. Hilet, prêtre clerc de saint Etienne des Tonneliers, avait écrit pour ce sujet, excepté Wendrock, et qui sans doute n'est point dans la lettre.

33° Si la veille de l'Assomption ils n'eurent pas quantité de visites? A dit qu'il n'avait pas grandes visites, vu même (jifl'on ne les avait pas laissés parler à leurs procureurs.

34» Qu'est-ce qu'il voulait faire de six cent cinquante exemplaires du livre de Laval'? A dit que pour obliger le

1. Laval (le sieur de) était le pseudonyme du duc de Luynes, auteur de divers ouvrages de piété. Il s'agit ici de ses Prières chrétiennes pour faire en commun, le malin et le soir, dans une famille chrétienne. Ce petit livre venait d'itre réimprimé à Rouen chez le libraire Hérault.

LIVRK XXVI 285

libraire, il les avait changés avec d'autres livres, et cela avant aucune censure publiée, et pour obliger le libraire.

35" S'il n'a pas demeuré au Port-Royal, s'il n'y a pas des habitudes, et s'il n'y a pas appris de mauvaises maximes ? A dit qu'il n'y a pas demeuré, qu'il n'y a pas d'habitudes, ni par conséquent appris de mauvaises maximes.

36° S'il n'a pas de grandes habitudes et commerce avec les disciples de Saint-Augustin qui soutiennent de mauvaises doctrines ? A dit que non.

37» Que signifient ces paroles : « J'appréhende que vous n'ayez fait quelque mauvaise démarche; si cela est, il s'en faut humilier? » A dit qu'il appréhendait que la personne à qui il écrivait n'eût fait quelque chose contre son devoir.

38" Si un garçon de l'Oratoire n'était pas venu dire qu'il venait voir si l'autre n'avait point été arrêté prisonnier? A dit que oui.

39° Qui avait envoyé le dit garçon? A dit qu'il n'en sait rien.

40° Si un teljouconne leur avait point apporté un billet? A dit que non ; mais que son concaptif, étant pressé par messieurs les députés des curés de Rouen pour renoncer à son appel, trouva cet expédient pour s'en défendre honnêtement ; mais qu'à la vérité, ils n'en avaient reçu aucun.

41° Quel était un nommé Pelé, et quelles habitudes il avait avec lui? A dit qu'il connaissait un chirurgien de ce nom, mais qu'il ne lui a jamais écrit. Il pria de lui faire voir la lettre. Il se trouva qu'elle était de M. Le Pelé, prêtre, qui avait été confesseur des Ursulines d'Elbeuf, qu'ils avaient salué ensemble Monseigneur l'archevêque à Paris, et que dans cette lettre, il lui faisait offre de soixante écus qu'il avait dans son coffre à Rouen, sachant qu'il en pouvait avoir nécessité.

42° Quel est un nommé Le Goix qui dit que Madame a dit qu'il faut attendre dix sept jours? A dit qu'il ne sait ce que c'est.

43° Si la dite dame ne lui a pas écrit? A dit qu'aucune femme ne lui a écrit.

44° De quoi étaient certains fragments déchirés? A dit qu'il ne sait.

45° A qui il a écrit à Caen, et quelles habitudes il y a? A dit qu'il n'a nulle habitude au dit lieu, qu'il n'y a écrit à

personne, et qu'il ne sait pas même par quelle porte de Rouen on sort pour y aller.

46° Que signifient ces lettres N. D., après les mots : Je salue notre bonne sœur Geneviève N. D. ? A dit que c'est Geneviève de Notre Dame.

47° Qu'est-ce qu'il entend par ces mots : « Dieu veuille donner la paix à son Église ?» A dit que tout n'est pas en paix, puisqu'on les tient en prison.

48° Qu'est-ce qu'il entend par ces paroles : « Je salue toutes les bonnes sœurs, et sans oublier les R. R. Mères assistantes, de la Croix, etc. ?» A dit qu'il saluait toute la communauté, et particulièrement les premières en office et eu charge.

49° D'où vient que le curé de la Mivoie a une partie de ces lettres? A dit que c'est le maître de son neveu.

50o Quel est un nommé Tronchon, sur la terre de Cambrai ? A dit que c'est un compagnon libraire lyonnais.

51o Qu'est-ce qu'il entend par ces mots : Je m'en vais pour recevoir ma pénitence ? A dit que c'est la sentence que monseigneur prononcera.

52° Et par ces autres : Et mes petites pénitences? A dit que tout ce qu'il fait n'est qu'une petite pénitence à l'égard de ses péchés.

(Il y manque quelque chose à la fin.)

On voit dans la réponse de ce prêtre à son interrogatoire, le caractère d'un homme simple, exempt de cabale ; qui se conduit par les règles de la bonne foi et de la justice ; et on voit dans ces commissaires une exactitude ridicule à fonder des soupçons de cabale et d'hérésie sur les choses du monde les plus faibles et les plus indifférentes. L'esprit fanatique de M. Mallet et son zèle amer y parait par la malignité qu'il a de vouloir examiner les choses les plus innocentes, telles que sont les recommandations à des religieuses, parce qu'après leurs noms de baptême, leurs noms de religion y sont en lettres abrégées, ce qui serait capable de rendre criminels tous les jours et tous les moments du jour tous les ecclésiastiques du monde. M. Gaulde, qui connaissait la vérité autant qu'aucun autre de cette troupe, et qui se vantait même de la connaître et de l'aimer, prenait part à tous ces désordres, contre sa propre conscience, parce qu'il se faisait une souveraine loi

Page 1