CHAPITRE XVI
EntretieD de M. de Toulouse avec M. d'Angers. Disposition de Rome à l'égard de M. le cardinal de Retz et ses grands-vicaires.
Pendant que M. d'Angers voyait inopinément le nombre
1. Suzanne de Bruc, veuve du marquis du Plegsis-Bellière, fut l'amie fidèle de Fouquet aussi bien dans sa prospérité qu'après sa disgrâce. Elle mourut eu 1105.
2. Tout ce passage, depuis : Mais un si puiisanl prolecteur, est barré au ms. et ne figure pas aux copies.
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de ses diocésains augmenté par l'arrivée de M. Fouquet et de ses gardes, et que le château de la ville servait de retraite à l'un des plus ardents persécuteurs des disciples de saint Augustin, il eut une grande conférence avec M, l'archevêque de Toulouse, qui était venu à Angers à cause de son abbaye de Saint-Aubin.
Le principal sujet de leur entrelien fut sur les contestations du temps, et particulièrement sur la lettre que M. d'Angers' avait écrite au roi. M. de Marca ne put s'empêcher de lui faire quelques reproches sur ce qu'il était le seul de tous les évêques du royaume qui eût appuyé la cause des grands-vicaire» de Paris. Mais M, d'Angers lui répondit qu'il n'y avait eu que le mérite de la cause en soi et le violement public de la justice par la dernière Assemblée qui l'avait porté à écrire cette lettre, et que pour être le seul évêque qui avait fait son devoir en cette occasion si importante, la cause n'en était pas moins considérable pour cela; mais qu'il savait bien qu'il y avait beaucoup d'autres évêques qui gémissaient sous la violence que l'on exerçait en abusant du nom et de l'autorité du roi; qu'il n'y avait rien de plus insoutenable et de plus contraire aux règles dont l'Église s'est toujours servie dans sa conduite et ses jugements que tout ce qui se faisait alors pour faire que la décision d'un fait non révélé passât pour un article de foi, et pour une chose constante et infaillible, ce qui n'avait jamais été en usage, et ce qui n'y devait jamais être, la foi étant invariable et la décision des faits étant sujette à une infinité de circonstances.
M. de Toulouse lui repartit que cette distinction du fait et du droit n'était que pour éluder, et que le fait décidé était constant; et quoique M. d'Angers insistât au contraire en lui faisant voir que le fond de ce qu'il avançait n'était établi que sur cette fausse supposition : que les cinq propositions étaient dans Jansénius, ce qui n'était nullement, et que l'on n'avait pu montrer jusqu'alors; M. de Marca lui soutint toujours que ce discours n'était qu'une pure défaite, et qu'il paraissait évident à tous ceux qui lisaient Jansénius sans préoccupation, que les cinq propositions étaient dans chaque page de son livre. A quoi M. d'Angers repartit en