‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 175 sur 440 · LIVRE xxvr · texte numérisé non relu

LIVRE xxvr

Il n'y avait presque point d'évêque parmi ceux qui se trouvaient à Paris qui ne souhaitât que ces grands-vicaires ne conservassent jusqu'à la fin leur fermeté dans cette affaire, pour maintenir leur autorité épiscopale, qui allait être ruinée s'ils y succombaient. On tâchait néanmoins d'ailleurs de les intimider en leur disant que M. le nonce était chargé d'un acte de leur révocation signé de M. le cardinal de Kelz, par lequel il leur ôtait leur commission en cas qu'ils refusassent de donner contentement au pape, au roi et aux évêques de la cour; et on les assurait que c'était le pape même qui lui avait fait donner cet acte. Il n'en fallait pas tant que cela pour abattre des personnes dont la générosité n'était pas tout à fait intérieure.

On apprit encore vers la fin du même mois des nouvelles de la disposition de Rome, et voici ce que M. de Vence mandait le 23 à M. d'Angers :

c J'ai reçu aujourd'hui une lettre de M. le cardinal Grimaldi, du 10 du courant, qui me marque qu'il a fait donner ma lettre au pape, lequel la fait mettre avec les autres papiers qui regardent ce sujet, pour y faire les considérations nécessaires en temps et lieu, c'est-à-dire qu'il ne veut point s'expliquer. Il ajoute qu'il a envoyé commission à M. le nonce et à M. l'archevêque de Toulouse de nommer deux vicaires généraux de Paris, au cas que dans un mois M. le cardinal de Retz ne les destitue. Voilà une procédure bien violente et bien contraire à nos formes. Je ne sais pas si M, de Toulouse, qui entend si bien les matières ecclésiastiques, voudra se faire ce tort à lui-même et à sa dignité, que d'exécuter ce bref. En vérité il y a sujet de dire à Dieu : Pone ori meo custodiam, et le reste. Je crois que ma lettre sera présentée au roi à son retour. Dieu veuille éclairer l'esprit du roi, et lui faire prendre des résolutions moins violentes : car enfin je crains que Dieu ne venge ses servantes et ses serviteurs. Je vous demande vos prières et vos sacrifices. »

Au milieu de cette tempête, les grands-vicaires de Paris ne laissaient pas de faire leurs fonctions à l'ordinaire. Le 6 de septembre, ils publièrent un mandement pour faire des prières à Dieu au sujet des maladies qui faisaient alors de grands ravages. Le 13 du même mois, par un autre mandement, ils firent faire des quêtes dans les paroisses pour assis-

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ter les pauvres malades des bourgs et villages du diocèse, ayant déjà envoyé des prêtres de la mission pour en avoir soin et leur distribuer les médicaments qui avaient été achetés pour les soulager, et les aumônes que quelques personnes de charité avaient commencé de faire en attendant un plus grand secours des paroisses de Paris par l'entremise des curés. Et par un autre du 17, ils exhortèrent les supérieurs des couvents, monastères et communautés séculières et régulières de la ville et [des! faubourgs de Paris de leur nommer quelques prêtres de leurs couvents et communautés pour assister les curés de la campagne dans le secours de ces malades, selon le pouvoir qu'eux grands-vicaires leur en donneraient*.

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