‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 186 sur 440 · LIVRE XXVI · texte numérisé non relu

LIVRE XXVI

vie, afin qu'il vous comble de ses bénédictions et de ses grâces. C'est, etc. »'.

Cette demande était très juste, mais M. de Contes, que l'on menaçait de destitution par un bref, n'avait point assez de force pour rendre justice à cette maison opprimée, et croyait en être quitte devant Dieu et devant les hommes en ne lui faisant point de mal dans un temps où tant de personnes si puissantes conspiraient pour l'anéantir.

Madame la présidente de Bernières', étant affligée de l'éloignement et de l'exil de son fils, toujours relégué à Issoudun, employa en ce temps Madame la présidente des Hameaux, son amie, pour obtenir du roi sa liberté. La reine mère en étant sollicitée par cette dame lui répondit qu'elle s'étonnait de ce qu'étant aussi attachée aux Jésuites qu'elle l'était, elle se mêlait de prier pour le retour de l'un des plus grands jansénistes qui fussent dans le parti. Sur quoi cette présidente lui répliqua qu'elle ne savait ce qu'il était ; mais qu'elle pouvait assurer Sa Majesté qu'il était un très homme de bien ; qu'étant bonne amie de Madame sa mère, elle parlait en sa faveur, et qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de dire que si tous les jansénistes étaient aussi vertueux que lui, ils pouvaient passer pour gens de bien. La reine lui demanda si elle en voulait bien répondre, et celte dame lui répliqua qu'elle serait toujours prête de lui rendre ce témoignage en faveur de M. de Bernières par la reconnaissance qu'elle avait de son mérite et de sa vertu.

Le 15 du même mois, les grands-vicaires de Paris publièrent un mandement pour demander à Dieu par des prières publiques l'heureux accouchement de la reine, et ordonnèrent que le Saint Sacrement serait exposé dans toutes les églises depuis six heures du matin jusqu'à six heures du soir, ainsi que le roi l'avait désiré. Ils en exceptèrent néanmoins les églises et les paroisses des champs où il n'y aurait pas nombre suffisant de prêtres pour assister davant cet auguste sacrement avec le respect qui lui est dû : mais ils ordonnèrent que dans ces lieux-là les curés

1. Cette lettre est imprimée avec quelques diEférences dans i'éditioa R. Gillet-Faugère, tome II, p. 13.

2. Françoise Puchot, mariée à Charles Maigaart de Bernières en 16i?i. Elle vivait encore en 1669.

et les prêtres feraient des prières à l'issue de la messe et des vêpres '.

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