CHAPITRE XXII
Persécution du Père Lardenois, Célestin.
Le père Lardenois, Célestin de Mantes, était toujours persécuté pour la signature à cause que M. de Rouen ni ses officiers ne voulaient pas souffrir les justes restrictions qu'il y avait ajoutées. Mais comme on ne peut mieux s'en instruire que par lui-même, il est à propos de rapporter ici une lettre qu'il en écrivit de Mantes le 16 du mois d'octobre à un de ses particuliers amis, qu'il consultait dans cet embarras :
« La grâce de notre adorable Sauveur soit à jamais avec vous. J'ai bien du déplaisir de n'avoir pu voir le porteur de la lettre que vous avez eu la bonté de m'écrire. J'étais allé à Paris, pour y consulter quelques personnes de suffisance et de piété touchant une étrange disgrâce que mes supérieurs et la plupart de mes confrères m'ont suscitée. L'affaire est que M. l'archevêque de Rouen, après m'avoir laissé trois mois en repos sans se mettre en peine de la restriction que j'avais faite à ma signature, a été sollicité contre moi par des personnes qui lui ont fait entendre que ce lui était un opprobre d'avoir un moine daus son diocèse qui n'eût pas obéi à son mandement. Celte malice a eu son effet, car ce prélat n'a pas manqué de prendre feu à l'instant, et a donné commission à un doyen rural de me sommer par trois fois de signer simplement et sans restriction, et en cas de refus de m'interdire de la fonction de mes ordres. Ce doyen aussitôt est venu chez nous, où nos supérieurs et nos officiers l'ont régalé pendant deux jours avec deux autres ecclésiastiques qu'il avait amenés pour lui servir de témoins. On lui a laissé faire tout ce qu'il a voulu contre moi, qui n'avais aucune assistance, ni aucune consolation de per-
1. Ce passage depuis ; Le /5 du même mois, est barré au uis. et ue figure pas aux copies.