‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 196 sur 440 · Livre XXV iî · texte numérisé non relu

Livre XXV iî

moder à la cour et de sauver la vérité, de recevoir le formulaire par un mandement, et en même temps d'insinuer dans ce mandement, par des paroles adroites et ambiguës, la distinction du fait et du droit ; qu'en un mot on les voulait jouer, et qu'on voulait avoir la gloire de n'avoir point abandonné ceux qui défendent une cause en se ménageant et se conservant avec ceux qui en sont les adversaires déclarés. Dieu n'a point voulu [bénir] * cette demi-générosité, qui n'était ni sacerdotale, ni évangélique, ni franche, ni sincère; et il a voulu, par un juste jugement, exposer ceux qui prétendaient qu'elle leur réussirait à la plus violente colère des grands, et à la plus implacable fureur de ceux qui se sont mis en possession de les gouverner. C'est sans doute un juste châtiment de la faiblesse et de la timidité avec laquelle on a agi, et de la vaine prétention qu'on a eue de jouir de la gloire d'avoir soutenu la vérité, et de se mettre en même temps en état de ne rien souffrir pour cette divine vérité. Dieu veuille pardonner à ceux qui par leurs sollicitations pressantes et par leur adresse ont porté les grands-vicaires à ordonner la signature du formulaire par le mandement, et qui se sont imaginé d'être à couvert de tout reproche en se contentant de leur faire couler finement, et par une espèce de galimatias, quelque distinction de fait et de droit. Vous voyez comme cette finesse est confondue, et comme il n'y a rien tel que d'agir rondement et droitement pour la vérité, au lieu d'employer des biais et des accommodements pour s'exempter de souffrir. Chacun sait que les grands-vicaires n'ont fait ce mandement que pour se rendre à l'importunité de ceux qui les ont poussés, et qui leur ont persuadé que c'était un excellent moyen pour servir la vérité et pour donner la paix. Ils l'ont déclaré à tous leurs amis, et l'un d'eux me l'a dit fortement et fort ouvertement, et m'a fait connaître en me le disant qu'on avait employé de terribles intrigues afin de les porter à cela. On leur a donc fait faire un grand pas dans l'affaiblissement et la lâcheté en leur faisant publier le formulaire, et ce n'est qu'une suite néces^ saire ou plutôt toute naturelle de ce premier affaiblissement que la disposition en laquelle on est présentement de céder

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