‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 213 sur 440 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

M™e de Longueville demande le retour de M. de Beroières et est refusée. On l'espère par le moyen de M. d'Aubiguy. Lettre de cet abbé à M. Taignier.

La naissance de M. le Dauphin étant une occasion favorable pour obtenir des grâces dans une réjouissance aussi publique que l'était celle de tout le royaume pour cette bénédiction du ciel, Mme la duchesse de Longueville croyait

i. Gubbio ou Eugubbio, ville de l'Apennin, siège d'un petit évêché. 2. Cette phrase a été barrée au ms. et ne ligure pas aux copies.

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qu'elle devait essayer d'obtenir de la bonté et de la justice du roi le retour de M. de Bernières, dont l'innocence lui était connue. Mais elle ne trouva pas de disposition dans l'esprit de Sa Majesté pour obtenir cette grâce, parce que c'était un assez grand crime d'aimer la doctrine de saint Augustin pour demeurer exilé, quand même on n'aurait été exilé que sur des soupçons injustes, et Dieu voulait consommer le mérite de ce vertueux magistrat en le laissant mourir dans la persécution.

Néanmoins ses amis ne perdirent pas l'espérance d'obtenir son retour par le moyen de M, d'Âubigny, qui avait été l'occasion de sa disgrâce, parce que la cour voulait se réconcilier avec cet illustre abbé, qui était fort considéré en Angleterre par le roi son parent, et on voulait le ménager pour se servir de son crédit dans les grandes affaires*. De son côté, M. d'Âubigny était toujours plein de zèle pour ses amis et pour la cause de saint Augustin, et M. Taignier en reçut de nouvelles marques en ce temps là par une lettre qu'il en reçut, quoiqu'il se fût servi de la main de M. Brunetti pour l'écrire, à la réserve des deux dernières lignes, dans la crainte qu'il avait qu'elle ne fût encore interceptée comme celle qui avait été l'occasion de la proscription de ce docteur. Voici ce qu'il lui mandait.

« J'ai reçu par M. Holden les vôtres du 24 avril et du l^"" de septembre, et afin que vous ne puissiez pas soupçonner de ma paresse {sic) que vous connaissez assez, je me sers de la main d'une personne en qui vous voulez bien, je m'assure, que je me fie. Vous avez grande raison de me marquer tous les moyens les plus sûrs pour tenir notre correspondance secrète. Car il est vrai que jusqu'à cette heure on a toujours ouvert les lettres qui ont été par la poste. La lettre néanmoins dont vous êtes en peine ne peut pas être perdue^ parce que je n'écrivais point, quoique je l'eusse résolu, et je vois par vos réponses que vous avez tout reçu. J'apprends aussi par la vôtre la continuation de la même conduite qu'a gardée Rome jusqu'à cette heure, et vous remarquerez en

1. Ou lisait au ms. : on voulail le ménager pour se servir de son crédit pour îiégocier en ces lies Brilanniques les grandes affaires, telle qu'était celle de l'ambassadeur de France qui venait d'y être maltraité. Cette phrase a été birrée sur le ms. même, et la M. Le Féroa l'a remplacée par celle qui Ogure aux copies.

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