‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 223 sur 440 · LIVRE XXVII · texte numérisé non relu

LIVRE XXVII

Mais comme l'embarras de ces âmes tendres et délicates sur tout ce qui concernait la vérité augmentait à chaque moment, après avoir signé entête du mandement la restriction qu'elles avaient concertée, la Mère Agnès, abbesse, se crut obligée d'écrire elle-même la lettre suivante, dans laquelle on peut voir la liberté qu'on avait laissée à toutes les sœurs.

« Ce 2 décembre.

« Sans attendre la réponse etc. »

Cette lettre est dans V Apologie, page 23.

M. Arnauld fit une réponse si exacte à cette lettre qu'elles en demeurèrent satisfaites, parce que leur restriction, étant aussi humble et aussi respectueuse qu'elle pouvait être, était en même temps si exempte d'obscurité et d'équivoque qu'il était impossible de leur reprocher avec raison le moindre déguisement. Voici les termes dans lesquels leur déclaration était conçue, et elle a déjà été imprimée dans leur Apologie, chap. 3, page 24 [2" Partie]* :

Aussi elles en furent si satisfaites qu'elles en remercièrent M. Arnauld par cette autre lettre :

« Je suis demeurée pleinement satisfaite, etc.'-. »

[Voyez l'imprimé.!

Mais M. l'évêque de Châlons ne pouvait souffrir que des religieuses entrassent si avant dans la connaissance du détail de cette affaire. Il croyait que leur état les obligeait à se soumettre au mandement par une signature pure et simple, et ayant eu sur cela des conférences avec M. Singlin, leur supérieur, il se plaignit à lui de cette conduite, et fut surpris de connaître que ce prêtre, qu'il avait toujours considéré comme le supérieur et le père de la maison, n'eût pas en cette rencontre un pouvoir aussi absolu qu'il se l'était imaginé. Mais ses plaintes n'ébranlèrent pas les religieuses, et les conversations qu'il eut sur cela avec M. Singlin ne changèrent rien dans leur disposition.

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