‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 228 sur 440 · CHAPITRE Xll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xll

La mère de Ligny est élue abbesso de Port-Royal, et conauQence les fonctions de sa charge i)ar une lettre qu'elle écrit à M. le doyen de Noire-Dame. Thèse hérétique soutenue par les Jésuites dans leur collège de Clermout touchant l'infaillibilité du pape dans le fait. Autre thèse soutenue eu Sorbonne, M. le curédeSaint-Sulpice y présidant, pour traiter les disciples de saint Augustin d'hérétiques à qui l'on doit refuser les sacrements.

Les infirmités corporelles de la Mère Catherine Agnès de Saint-Paul ne lui permettant plus l'exercice de sa dignité d'abbesse dans une conjoncture telle qu'était celle où ses deux maisons se trouvaient, on jugea à propos de procéder à une nouvelle élection, et les suffrages tombèrent sur la

Mère Magdeleine de Sainte-Agnès, fille de feu de M. Ligny, maître des requêtes, sœur de M. l'évêque de Meaux, et nièce de M. Séguier, chancelier de France. Mais si les anciens évêques qu'on élevait à ce ministère sacré durant les persécutions de l'Église étaient appelés comme inévitablement au martyre, cette vertueuse religieuse semblait n'être revêtue de cette qualité que pour être immolée à la passion des Jésuites, et pour voir pendant son gouvernement la funeste dispersion de ses filles et de ses sœurs.

Sa douceur et son humilité^ qui la rendaient très aimable à tout le monde, ne l'empêchaient pas d'être aussi généreuse et aussi ferme pour la défense de la vérité que l'on pouvait le désirer d'une sage religieuse fortifiée par la grâce de Jésus-Christ, et elle en donna d'abord des marques par cette lettre à M. de Contes, qui a déjà été imprimée dans V Apologie de Port-Hoyal :

« Du 14 décembre 1661.

« Monsieur,

« Dans la surprise et la peine que me cause une charge si pesante et si fort au-dessus de mes forces, etc. ' ».

(Voyez V Apologie, page 25.)

Le jour même de l'élection de cette abbesse, savoir le 12 de décembre, les Jésuites, dont l'insolence croissait toujours, crurent ne devoir plus différer à publier une nouvelle doctrine d'une pernicieuse conséquence touchant le pape, et le soutinrent infaillible dans le fait, afin de ruiner par cette erreur capitale la distinction solide que les disciples de saint Augustin faisaient entre le fait et le droit, et que rien n'empêchât à l'avenir de les exterminer comme de véritables hérétiques.

C'est l'erreur fondamentale qu'ils osèrent soutenir dans une thèse de leur collège de Clermont, en ces termes, si clairs et si précis que la plus favorable interprétation ne pouvait plus à l'avenir les garantir de ce dogme manifestement hérétique. Voici leurs paroles :

« Datur ergo in Ecclesia Romana controversiarum fîdei judex infallibilis, etiam extra Concilium générale, tum in guœstionibus juris, tum facti. (Inde post Innocenlii X et Alexandri Vil Constitutiones fide divind credi potest librum

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