LIVRE XXVIl
cui titulus Augustinus Jansenii esse hsereticum^ et quinque propositiones ex eo decerptas esse Jansenii, et in sensu Jansenii esse damnatas.
« Jn aula coUegii Ctaromontani Societatis Jesu, die 12' Decembris 1661, a sesquiprimâ usque ad vesperam. »
Voilà ce que l'on pouvait appeler véritablement une nouvelle hérésie, et les Jésuites qui en étaient les premiers auteurs, devaient prendre pour eux-mêmes ce nom odieux qu'ils donnaient sans fondement aux disciples de saint Augustin. Us remarquaient une paille dans l'œil de leurs frères, et ne voyaient pas une poutre qui leur crevait l'œil à eux-mêmes. Mais on ne différa pas longtemps à les tirer d'un aveuglement si criminel, et cette nouveauté fit un si grand fracas dans le monde que ces bons Pères, voyant que les magistrats s'en alarmaient, furent réduits à la défensive.
Cependant il semblait qu'ils agissent de concert avec le curé et les prêtres de Saint-Sulpice pour répandre cette erreur. Car le jour même que cette thèse se soutenait dans leur collège de Clermont, M. Le Raguier de Poussé, curé de Saint-Sulpice, présidait en Sorbonne à un acte de M. Bottu qui soutenait en termes exprès que les jansénistes étaient hérétiques, et qu'il fallait leur refuser les sacrements. Or cette prétendue hérésie qu'on leur attribuait ne pouvait être fondée que sur ce qu'ils se réduisaient à un simple respect touchant le fait aux deux constitutions du pape.