LIVRE XXVII
royale, qui est de consulter les évêques sur les matières ecclésiastiques, et de donner la contrainte pour les choses résolues. Le roi pratique cela ès-affaires des souscriptions, mais j'en établis la preuve et en fais voir l'origine.
« Le remède que je propose contre les entreprises que l'on voudrait faire à Rome, sous prétexte des décrets de foi, contre la souveraineté du roi au temporel est démon invention et très bien fondé.
« Si M. Le Tellier juge à propos de me rendre office auprès de Sa Majesté, lui faisant entendre que je travaille dans ma chambre à éclaircir et soutenir ses droits, je lui aurais une obligation particulière. »
Il ne fallait que la seule précaution de M. de Marca à vouloir tenir ses écrits cachés pour les rendre suspects à tout homme de bon sens, et cette théologie mystérieuse dont il se vantait d'être l'auteur ne pouvait guère subsister avec la doctrine de l'Évangile où Jésus-Christ nous apprend : « que quiconque fait le mal hait la lumière et ne s'approche point de la lumière^ de peur quelle ne le convainque du mal qu'il fait. Mais celai qui fait ce que la vérité lui prescrit s'approche de la lumière, afin que ses œuvres soient découvertes parce qu'elles ont été faites en Dieu. » Jean 3, 21.
Mais M. l'archevêque de Toulouse, qui était successeur de .saint Exupère', n'était pas aussi désintéressé que lui. Le premier principe de sa théologie moderne était renfermé dans les dernières lignes de son billet, où il engageait M. Le Tellier de faire valoir auprès de Sa Majesté les grands travaux qui le retenaient dans sa chambre pour soutenir ses droits. Et comme la récompense qu'il en attendait ne pouvait subsister qu'en se ménageant avec les deux cours, il voulait bien se servir du Père Annat et servir sa société contre les disciples de saint Augustin, parce que l'amitié de ce Père était favorable à ses desseins; mais il ne voulait point lui donner aucune part dans la révélation des nouveaux mystères de sa profonde théologie, parce que ce Père, • étant dans les intérêts de la cour de Rome, lui était profane à cet égard. Voilà ce que les saints Pères de l'Église avaient toujours ignoré, et leur sincérité n'avait pas pu s'aviser d'un