LIVRE XXVll
leurs synodes, sans attendre les relations des provinces, et envoyaient leurs décrets à toute l'Eglise vérifié par l'exemple de Damase ', du pape Libérius* et de Martin s.
Quelquefois ils condamnaient l'hérésie sans synode, avec leur seul presbytère, et envoyaient ensuite leur décret à tous lesévêques; ce qui fut pratiqué parle pape Anastase*, contre Jovinien », et par Zozime contre Céleslius et Pélagius. Son décret adressé à tous les évéques abolit cette hérésie selon Prosper*.
Grande prérogative des papes dans les conciles généraux. Ils y envoient leurs décrets, qui étaient lus et reçus en qualité de décrets, avant que les évéques opinassent. Le droit du premier suffrage était moulé sur celui des empereurs romains dans le sénat qui avait : relationem et jus primse sententi». Cette prérogative est très ancienne dans l'Église.
Les évéques du concile de Chalcédoine reçoivent la lettre du pape Léon, la font lire, en font la révision, et portant leurs suffrages semblables, disent qu'ils souscrivent à cette lettre. Le décret du pape est reçu comme décret ; mais il est sujet à la révision. Raison tirée de Facundus, pour autoriser cette révision. L'origine de ce premier suffrage vient de saint Pierre.
XVU La question principale s'explique aujourd'hui par cette distinction : Le pape peut tomber en hérésie, comme doc-
\. Uamase (304-384), pape en 366, successeur de Libère.
2. Libérius ou Libère, pape en 352, condamna saint Athauase à l instigation de l'empereur Constance, mais ne tarda pas à se rétracter. 11 mourut en 366.
3. Saint Martin I, pape en 649, condacnna les eireurs des Monothé-
liles.
4. Saint Anastase 1, successeur du papeSiriceen 398. Il mourut en 4U2.