LIVRE XXVIll
animer les évèques qui ont été unis à cet ordre à faire paraître en cette occasion combien ils ont d'amour pour faire régner la vérité, la justice, la piété et la sagesse dans l'Église, afin d'ôter la liberté à toutes sortes d'esprits de publier leurs impertinences et leurs folies; et qu'ils ne croyent pas que tout leur soit permis pourvu qu'ils les accompagnent de quelques invectives contre les jansénistes. C'est ce qu'on voit tous les jours dans la plupart des livres qui se publient, dans lesquels les approbateurs et les censeurs établis par M. le chancelier laissent passer une intinilé de choses qui non seulement sont contraires à la vérité et aux règles les plus saintes et les plus inviolables, mais qui même blessent l'honnêteté et la bienséance civile, pour lesquelles les payens ont eu du respect, et qu'ils ont conservées avec un très grand soin. Cet excès même est venu .'i un tel point qu'on peut faire voir, à la honte et à la confusion de la religion que Notre Seigneur Jésus-Christ a établie par son saug, et dont par sa miséricorde on fait profession dans ce royaume, une infinité d'impertinences et de fausses suppositions et de calomnies très atroces, qui étant recueillies de tous les livres imprimés depuis six ans et ramassées toutes ensemble, pourraient composer de très gros volumes. Et par conséquent, Monseigneur, comme l'approbation qu'on a mise sous votre nom à la tête de ce livre porte que ces avis du Saint-Esprit sont utiles pour la conversion des âmes, au lieu qu'il n'y a rien de plus contraire à cette conversion que les impiétés et les profanations des choses les plus saintes, les calomnies et les injures les plus grossières et les plus aisées à reconnaître, on espère qu'après l'avis qu'on prend la liberté de vous donner par celte lettre, vous ferez censurer et supprimer ensuite ce honteux libelle. »