CHAPITRE IV
Retour du cardiual Grimaldi en France ; ses sentiments et sa conduite sur les affaires présentes de l'Église. [Guérison miraculeuse de la fille de M. Champajçne, religieuse de Port-Royal.] Lettres de M. Hermant à M. d'Andilly, et de M. de Beruières à :M. Taignier, sur la persécution des religieuses de Port-Royal.
M. le cardinal Grimaldi était revenu en France en ce temps-là, et comme M. Taignier lui avait souvent écrit touchant les affaires de l'Église, il fut bien aise de savoir ses dispositions par le moyen de M. Goureux, ecclésiastique de sa maison.
La réponse que lui fit cet ami le 14 de janvier, datée de Paris même où ce docteur était caché, fut qu'ayant rendu les civilités à S. E. et l'ayant entretenue selon ses ordres de tout le contenu de sa lettre, il lui avait témoigné beaucoup d'estime et d'afîection pour sa personne; qu'il approuvait sa prudence dans le silence qu'il voulait garder, et qu'il lui conseillait de montrer son innocence pour se rétablir dans la liberté du commerce. Que l'affaire du jansénisme était odieuse à la cour, et que le pape ne pouvait faire autre chose que ce qu'il avait fait, ayant commencé et s'étant déclaré; que son nonce suivrait ses ordres précisément. Qu'il était fort marri de le voir exposé, lui M. Taignier, à la disgrâce.
M. Goureux ajoutait que ce cardinal n'était pas des mieux lui-même en cour; qu'il était à Paris pour tout l'hiver, où il s'équipait de carrosse; qu'il ne s'était pas avancé ni offert de parler, et qu'il ne savait pas s'il le ferait en cas qu'il en fût sollicité; que cela dépendait de l'essai ; qu'il le tenterait à la première vue, mais qu'il doutait qu'il le fit, lui-même doutant de sou crédit; qu'il ne pouvait pas lui en promettre plus qu'il n'y en avait, surtout on ce qui ne
1. Tout ce long passage depuis : M. Holden (p. 420) a été barré an 1113. par la .M. Le Kérou et n'a pis été reproduit aux copies.