‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 259 sur 440 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

On exijçe des religieuses de Port-Royal une addition à leur profession de foi. Elles le refusent. Lettre de M. d'Angers a M. de Veoce sur les affaires de l'Église.

Ce fut dans ce même mois de janvier que M. de Contes vint dire aux religieuses du monastère de Port-Royal de Paris que l'on n'avait trouvé un seul mot à changer au témoignage (fu'elles avaient donné de leur foi; mais que l'on désirait qu'elles y ajoutassent ces propres mots en parlant des papes : u Et puisqu'ils ont décidé que ces erreurs se trouvent dans les cinq propositions au sens qu'elles ont dans la doctrine de Jansénius, nous nous soumettons sincèrement a cette décision, et rejetons de c(jeuret de bouche les dites propositions et le sens qu'elles ont dans la dite doctrine de Jansénius. »

Elles étaient peu disposées à faire cette addition, de peur de rendre un faux témoignage contre un évêque innocent, dans une chose dont leur profession les rendait incapables de connaître, et ce refus devait allumer plus que jamais la persécution contre leur maison'. ^

Pendant qu'elles se préparaient au combat, Vf. d'Angers, (|iii venait d'avoir un second en la personne de M. de Vence, ié|.»ondil ainsi le 26 de janvier à deux de ses lettres :

« Je recois on même temps vos lettres du 24 décembre et du l*" de ce mois', qui m'ont donné plus de joie que je oe

1 . // faut voir dann le recueil de 1661 s'il n'y a point une lettre de P. R. pour la fin du mois et la mettre ici (Note marginale d'Hermant).

2. On lit en cet endroit à la ujarge du ms. la note suivante de la Mè -e Lî Kéron : // n'y a point de lettres de M. l'évéque d'Angers, ni

puis VOUS exprimer, ce nouveau lien qui m'unit à vous d'une manière encore plus étroite qu'elle ne l'était auparavant me rendant si sensible à tout ce qui vous regarde, que je ne saurais trop remercier Dieu à mon gré de la grâce, si extraordinaire en ce siècle, qu'il vous fait de vous donner ces sentiments et de vous engager en des actions dignes du caractère que vous portez. Je considère cela comme une marque de votre vocation dans une dignité qui, au lieu d'élever ceux qui n'y répondent pas par une conduite sainte, les accable malheureusement sous le poids d'une charge qu'ils profanent au lieu de l'exercer difjnè Deo, et font voir par là que ce n'est nullement lui qui les y a appelés pour les établir pasteurs de sou Église; mais qu'ils s'y sont intrus d'eux-même par des voies toutes charnelles, et qu'ainsi il ne faut pas s'étonner que la suite de leur vie réponde à un principe si déplorable. Que si la charité nous oblige à considérer de la sorte ceux qui considèrent si peu ce rang auguste qu'ils tiennent, et l'éminente vertu à laquelle il devrait les engager, que dirons-nous de celui * qui, étant dans une place qui lui donne moyen de contribuer au choix qu'on fait d'eux, ne juge de la dignité de l'épiscopalque parla grandeur du revenu, par l'étendue du diocèse, et par le nombre des personnes qui s'y rencontrent, témoignant parla qu'il connaît yi peu, comme vous le remarquez si bien, quel est le prix d'une Ame rachetée du sang d'un Dieu, qu'il ne faut pas trouver étrange qu'un si mauvais guide ne marchant lui-même que dans des routes égarées ne donne que de très mauvais conseils, au lieu qu'il serait à souhaiter qu'il eût la lumière et la pureté d'un ange pour se pouvoir acquitter dignement d'une charge aussi importante en toutes manières qu'est la sienne. En vérité, c'est un grand sujet de gémir en la présence de Dieu. Mais comme lui seul peut y remédier, nous n'avons qu'à baisser' la tête pour nous soumettre aussi bien à ce qu'il permet qui arrive pour la punition de nos péchés qu'à ce qu'ilordonne^ et que sa seule bonté est la cause qui arrive lorqu'il nous regarde en pitié et nous fait miséricorde. Je ne saurais douter qu'il

du 24 décembre, ni du 1" de janvier ; mats seulement une du 6 de Janvier à laquelle celle-ci ne répond pas, comme on le peut voir en les confrontant.

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