‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 260 sur 440 · Père Annat ; note marginale de la Mère Le Féron · texte numérisé non relu

Père Annat ; note marginale de la Mère Le Féron

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ne la veuille taire a nos bonnes religieuses, voyant avec quelle force, quelle paix, et quelle joie il les fortifie de plus en plus dans la résolution de mourir plutôt mille et mille fois que de blesser tant soit peu leur conscience. Et je ne puis assez vous dire combien grande est la consolation qu'elles reçoivent de vos lettres, non plus que l'ardeur avec laquelle elles prient Dieu qu'il vous fortifie de plus en plus par cet esprit principal qui est proprement celui des évêques, pour continuer à défendre les intérêts de son Église, que presque tous les autres abandonnent par un oubli déplorable de leur devoir, qui les oblige à donner pour elle jusqu'à la dernière goutte de leur sang, afin de répondre à l'honneur qu'ils ont de l'avoir pour leur Épouse.

'< 11 faut avouer que la constance de ces saintes vierges devrait bien les faire trembler, puisqu'elle ne saurait pas ne les point couvrir un jour d'une étrange confusion devant le jugement de Dieu, lorsqu'ils verront que le courage et la fermeté qui devraient être en eux, en qualité de pasteurs de cet immortel troupeau dont il a bien voulu lui-même se rendre le souverain Pasteur, seront passés dans le cœur et dans l'esprit de ces douces et humbles brebis qu'il avait soumises à leur conduite. Mais je m'avise qu'en voilà trop pour une personne qui, comme moi, au lieu de m'élendre davantage sur ce sujet, n'a qu'à écouter ce qu'il vous plaira de me dire. Pardonnez-le, s'il vous plaît, au zèle que m'inspire la chaleur que Dieu vous donne pour soutenir si hautement la vérité et la justice, dans un temps où elles ne sont pas seulement abandonnées, mais persécutées, par les personnes du monde les plus intéressées dans leur défense, et qu'on ne peut, ce me semble, trop répéter, ni même répandre trop de larmes en le redisant. Je finis par où vous avez commencé votre dernière lettre, en priant Dieu de tout mon cœur qu'il m'accorde la grâce que vous me souhaitez de passer de telle sorte cette nouvelle année, qu'elle me serve à me conduire à l'heureuse éternité qui doit être le but de tous nos désirs et de toutes nos espérances, et je ne saurais trop vous demander de m'assister pour cela de vos prières.

M. Taignier ayant aussi fait ses compliments à M. de Vence sur sa générosité, ce prélat lui fit cette réponse le 3 février :

« C'est un devoir si nécessaire à un «vêque de défendre

la vérité, et je l'ai défendue à si peu de frais que je n'en mérite aucune louange. Je serais digne d'un très grand hlâme si je l'avais abandonnée en un temps on chacun l'uhandonne, et on on ne se peut pas excuser de la détendre sur le grand nombre de ses défenseurs. Il est vrai que l'orage gronde terriblement ; mais je ne puis croire qu'il tombe de même qu'il gronde : Deus deducit ad inferos, et reducil. Quoi qu'il arrive, tenons-nous prêts à souffrir toutes les tempêtes qu'il voudra permettre qui nous accablent, et demandons-lui qu'il dirige nos cœurs : in palitntia Ckristi.

« Je pleure inconsolablement le pauvre M. Conrarl, et c'est un grand malheur que vous ne soyez pas à Paris en cette occasion. Je vous demande vos prières. »

La maladie de ce célèl^e académicien, leur ami commun, était le sujet de leur douleur; et comme ils avaient toujours demandé à Dieu sa conversion et sa réunion à l'Église catholique, ils étaient touchés d'un très juste et très sensible regret d'être séparés de lui dans une occasion si importante à son salut, ce qui leur ôtait le moyen de lui rendre les services dont ils auraient pu être capables. Mais par un profond jugement de Dieu, ils moururent tous deux devant lui, et personne n'a recueilli le fruit de cette espérance, cet homme si honnête et si généralement estimé de tous les honnêtes gens étant mort dans son erreur'.

CHAPlTKE VI Divel'd écriU sur le sujet de la thèse des Jésuites.

La nouvelle hérésie des Jésuites était si pernicieuse que les cinq ou six lignes par lesquelles ils l'avaient exprimée dans leur thèse du collège de Clermont produisirent plusieurs ouvrages très considérables pour empêcher le progrès de cette dangereuse doctrine.

Le premier écrit qui parut pour la combattre le premier jour de cette année 1662 était intitulé : La nouvelle hérésie des Jésuites, soutenue publiquement à Paris dans le collège

1. Tout ce passage depuis : Je pleure, est barré au ms. et ue figure pas aux copies. Conraft est mort en 1675, trois aus après Godeau,

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