‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 261 sur 440 · LIVRE XXVIll · texte numérisé non relu

LIVRE XXVIll

df. Clermont, par des thèses imprimées du 14 décembre 1661, dénoncées à tous les évêques de trance.

Leur thèse, qui était réfutée par cet écrit, dont MM. Arnauld et Nicole étaient les auteurs, portait pour titre : -4vserliones catholicae de Incarnatione contra sseculorum. omnium ah Incarnalo Verbo prvcipiias hœreses. — • Assertions catholiques de t' / ne ar nation, contre les principales hérésies de tous les siècles. Et comme ils voulaient que l'on prit pour vérités catholiques tout ce qu'ils opposaient à cette hérésie hors quelques subtilités de l'École, voici les sentiments dans lesquels ils prétendaient qu'on devait être pour s'éloigner de l'hérésie du schisme des Grecs dans le x« siècle.

X'"" Sificulum.

Komante Ecclesiae Caput contra Graecos Schismaticos.

Hoc tandem saeculo schisma Photii invalescens Grsecos ah Ecclesiae. Capile disjunxit. Christura nos ita caput agnoscimus ut illius regimen, dum in cselos abiit, primum Petro, tum deinde successoribus commiserit, et eamdeni quam habebat ipse infallibitatem concesserit, quoties ex cathedra loquerentur,

Dalur ergo in Ecclesiâ Komanà controversiarum iidei judex infallibilis etiam extra Concilium générale, tam lu quaestione juris quam facti. Unde, post Innocentii X Ht AlexandriVII constitutiones, fide divinâcredi potest librum cui titulus est Augustinus Jansenii esse haîreticum, et quinque propositiones ex eo decerptas esse Jansenii et in sensu Jansenii damnatas.

x« siècle.

Chef de l'Église Romaine contre les Grecs schismatiques.

Ce fut en ce siècle que le schisme de Photius se forlitiant sépara les Grecs du chef de l'Église. Pour nous, nous reconnaissons que Jésus-Christ en est tellement le chef qu'il en a laissé le gouvernement, premièrement à saint Pierre et puis à ses successeurs, et qu'il leur a accordé, toutes les fois qu'ils parleraient de leur chaire, la même infaillibilité qu'il avait lui-même. Il y a donc en l'Eglise romaine un juge infaillible des controverses de la foi, même hors le Concile général, tant dans les questions de

droit que de fait. C'est pourquoi depuis les constitutions d'innocent X et d'Alexandre Vil, l'on peut croire de foi divine que le livre qui a pour titre : l'Auguslin de Jansénius est hérétique, et que les cinq propositions tirées de ce livre sont de Jansénius, et condamnées en son sens.

Pour examiner cette thèse, on la distinguait en deux parties, dont la première regardait la primauté du pape, et ce n'était point une matière de dispute parce qu'ils en convenaient tous; et l'autre concernait l'infaillibilité que les Jésuites lui attribuaient, non seulement contre les sentiments de l'Eglise gallicane, et de l'Église de Paris, mais aussi contre l'opinion de quelques nouveaux docteurs les plus attachés à la cour de Rome, tels qu'étaient M. Duval et le cardinal Baronius, qui n'avaient jamais étendu cette infaillibilité du pape jusqu'aux faits non révélés. On remarquait sur cela la date de cette nouvelle doctrine, qui n'était pas seulement une hérésie, mais une horrible impiété et une espèce d'idolâtrie, dont on espérait que le pape aurait autant d'horreur que saint Paul et saint Barnabe en avaient eu lorsqu'ils déchirèrent leurs habits, voyant que des personnes leur voulaient rendre les mêmes honneurs qu'ils rendaient à leurs faux dieux. On se promettait que Sa Sainteté considérerait avec tremblement la vengeance que Dieu exerça sur Agrippa, roi des Juifs, pour n'avoir pas rejeté les acclamations tumulluaires d'un peuple qui s'écria, l'entendant parler, que c était la voix d'un dieu, et non pas d'un homme, et on se le promettait d'autant plus que la flatterie de ce peuple était encore moins criminelle que celle des Jésuites.

«Ju faisait voir qu'ils étaient en cela les empoisonneurs du pape, quoique sa piété lui fît rejeter celte erreur, et qu'ils l'étaient en même temps de tous les fidèles^ en leur persuadant de fonder leur foi sur la parole d'un homme et de s'y soumettre comme à la première vérité, ce qui ne se pouvait faire sans une espèce d'idolâtrie.

On représentait l'énormite de ces sortes de péchés, que les hommes du monde ne concevaient pas, parce qu'ils étaient tous charnels, et que les faux dévots admettaient sans peine, parce qu'ils mettaient une partie de leur piété à recevoir aveuglément tout ce qui relevé les choses et les personnes pour lesquelles on doit avoir du respect.

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