‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 265 sur 440 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Mort du Père Martinon, jésuite. Le gazetier lui fait un éloge. Arrêt contre les théologiens de Bordeaux. Censure contre Thomas Albius, Anglais. Il s'en défend par une lettre au pape, et par un autre écrit. Quelques écrits contre la thèse des Jésuites. Lettre du général des Cordeliers au Père du Bosc. Congrégation des curés de Rome contre la morale relâchée. Efforts des Jésuites pour faire déclarer de fol la Conception immaculée de la Sainte Vierge. Prédication d'un de lenrs Pères à Toulouse sur ce sujet. Le Père Ferrier répond à un écrit d'un dominicain qui lui réplique et lui ferme la bouche.

Le Père Martinoo, jésuite, qui avait publié un grand volume contre M. d'Ypres sous le nom d'Antoine Moraines, intitulé : Anti-Jansenius, mourut au commencement du mois de février, et ceux de sa compagnie ' employèrent la plume du gazetier pour lui [décerner] l'honneur de cet éloge :

« De Bordeaux, le 15 février 1662.

« Le 5 de ce mois, décéda ici en sa 78^ année le Père Jean IVfartinon, jésuite, non moins illustre par sa piété que par sa doctrine, ayant donné des preuves de celle-ci durant vingt ans qu'il a été professeur, par plusieurs volumes sur toute la théologie, trois desquels ont déjà paru, et par V Anti-Jansenius qu'il a donné au public sous le nom d'Antonius Moraines, dans lequel il a refuté le faux Augustin de Janséniusavec les félicitations de plusieurs cardinaux, l'admiration des savants, et sans réplique du côté des adversaires ».

On ne voit pas bien sur quoi pourrait être fondée cette prétendue admiration des savants, sinon que l'on n'a pu lire sans étonnement ce que ce bon père Martinon avait dit, ainsi qu'on l'a appris des Jésuites de Moulins, qu'il fallait que ce fût le diable qui eût fait le livre de Wendrock, parce qu'il parlait trop bien latin. Car c'est un étrange raisonnement de dire que pour bien parler latin, il fût nécessaire d'être ou diable ou jésuite, comme si ceux qui nesontni l'un ni l'autre

1. On ne comprend pas pourquoi tout le passage depuis : et ceux de sa compagnie, a été barré au ms, ; il est nécessaire pour l'intelligence de ce qui suit :

devaient être exclus de l'élégance de cette langue, que les Jésuites se vantent de posséder dans un souverain degré d'excellence. Mais si le latin de Wendrock lui paraissait une chose plus qu'humaine, les raisonnements de cet auteur étaient fort incommodes à toute sa société, qui n'apprit en ce temps-là qu'avec douleur qu'il venait d'être imprimé tout de nouveau à Helmestad, in-4" , avec un traité intitulé : Samuelis Rachelii examen probabilitatis jesuiticx novorum casuistarum.

Elle fut plus heureuse dans ses intrigues contre les théologiens de l'Université de Bordeaux, qu'elle persécutait depuis six ans. Car le 3 de ce mois, elle obtint un arrêt du Conseil qui ordonna que les professeurs apporteraient leurs lettres et leurs titres, par lesquels ils avaient établi des leçons théologiques, et que l'exercice de la théologie dans cette Université leur serait interdit, avec défense de rien innover à ce qui se pratiquait avant l'an 1655.

Ils avaient assez de crédit pour obtenir des arrêts par le moyen de leur Père Annat;maisil n'était point en leur pouvoir" d'imposer silence aux théologiens des autres Universités. Car le 8 du même mois, l'on soutint des thèses dans celle de Douai, touchant la science et la volonté de Dieu et la concorde du libre arbitre, pour défendre contre eux la doctrine de la prédétermination, et le Père Bruneau, de l'ordre de Saint-Dominique, fut le président de cet acte.

Les ouvrages de Thomas Albius, théologien d'Angleterre, ayant été censurés le 17 décembre de l'année précédente par un décret de Rome, cet ecclésiastique, dont la liberté était connue de tous les savants de l'Europe, en écrivit au pape le 3 février, et sa lettre courut sous ce titre : Exemplar Epistolx a Thoma Albio ad Alexandrum VU missie in sui purgationem. Ce fut la semence d'un autre ouvrage qu'il composa dans la suite, et qu'il intitula : Extasis scientise requisitœ in Theologo ad censuras inferendas, oblata Cardinalibus.

La thèse du collège de Clermont produisit encore d'autres ouvrages. Car d'une part ils mirent en lumière : Parallelum theseos Claromontanœ et doctrinse Facultalis Theol. Paris, adjungendum explicationi ejusdem Theseos. Et de l'autre on vit paraître : Status novissimœ controversiœ de infallibitate] Pontificis etiam in quupstionibus facti, pronuper

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