Ce nom est d'une lecture très incertaine
péché, c'est la grâce qui le détermine. Le Père Bancel voulait que l'on fît voir par un écrit que saint Thomas a toujours été un fidèle disciple de saint Augustin, particulièrement sur la matière de la grâce, et que s'il y a quelque différence à l'égard des deux états, cela est arrivé de ce que ce docteur angélique avait suivi d'abord les principes de la philosophie d'Aristote, qu'il a rétractés depuis, ayant reconnu que ce philosophe ayant ignoré le péché originel et la blessure du libre-arbitre, on ne devait pas expliquer les mystères de notre religion, et particulièrement celui de la grâce, qui est le plus difficile de tous, par les principes de la philosophie humaine et par ses maximes, qui ont été inventées uniquement par notre superbe raison, que l'on sait être tombée dans de profondes ténèbres et dans une corruption effroyable depuis le péché du premier homme. Ce Père voulait qu'on détruisît ces choses en la personne d'Aristote sans toucher à saint Thomas, pour ne point aigrir ses défenseurs, et il croyait qu'en faisant voir l'ignorance de ce philosophe, il s'ensuivait que saint Thomas ne l'avait point cru sur cela. A quoi l'on pouvait ajouter que la philosophie d'Aristote est fausse, et que ses principes sont tous les jours convaincus de fausseté par des expériences démonstratives ; que si saint Thomas les a suivis, ce n'a été que par des raisons générales qui conviennent à la prédétermination physique, ou au concours général commun à toutes les créatures qui agissent par nécessité ou avec liberté dans les actions naturelles, mais qu'il a raisonné d'une manière différente et selon les principes de saint Augustin à l'égard des créatures libres, par rapport aux actions surnaturelles de la grâce et de la prédestination, ayant révoqué dans sa seconde tout ce qu'il avait dit, dans tous les ouvrages précédents, suivant les principes de la philosophie d'Aristote. Enfin que c'est pour cela que Grégoire IX, avec plusieurs autres papes, a défendu de se servir de cette philosophie pour expliquer les mystères de notre religion, qui étant infiniment élevés au dessus de la raison humaine, que l'on sait avoir inventé toutes les maximes de la philosophie, ne le doit point prendre pour règle. Il renvoyait sur tout cela aux opuscules de Nazarius, Jean de Saint-Thomas, Bannes, Silvius et Gonet.
Le Père Bancel et quelques-uns de ses confrères des mieux