LIVRE XXVlIf
ClIAPITRE XX
Septième édition du livre de M. Abelly intitulé : Medulla théologien. Lettre du roi à M. de Veiice. M. de La Pérouse dédie au pape sa thi'se de mineure ordinaire. M. de Beauvais reçoit larrêtdu Conseil d'État. Une lettre de M. d'Alet. Embarras de l'église de Paris pour l'ordination .
Dans le mois de mai, il parut une septième édition du livre de M. Abelly, qu'il avait composé il y avait déjà plusieurs années, pour ceux qui veulent apprendre la théologie à peu de frais; et comme il y avait fait quelques additions touchant les matières du temps, il le produisit avec ce titre : Medulla tkeologica quamplurimis capitibus, etiam in materia de gratia, aucta. Auctore L. Abelhj.
Le 23 du même mois, le roi écrivit à M. de Vence pour le porter à ordonner la signature du formulaire*.
(On n'a pas trouvé la lettre.)
Le 31 mai, le sieur de La Pérouse, savoyard, bachelier de la maison de Sorbonne, dédia au pape une thèse de mineure ordinaire, à laquelle M. Cornet présida, et il se signala par cette inscription fastueuse ;
Felicissimo Alexandro septimo, « Sanctissimo, Beatissimo,
« Homanaî et Apostolic<e sedis, Ecclesiarnm omnium nutricis, radicis, malricis, principalis, unde unitas sacerdotalis exorta est, ad quam omnem Ecclesiam convenire necesse est ;
« Felicis, cui totam doctrinam Apostolicam sanguine suo profuderunt(?)
« /Eterna3, quam non vincunt superbœ inferorum portas, « Antistiti
« Christi vicario, Ecclesiœ sponso, Apostolorum hœredi, in sublevando olim pontificali onere magno, in declinando majori, in subeundo maximo.
(■<■ Quem necdum ad Pétri sedem evectum error senserat (?) Vindicemveritatis sedentemtimuitjudicem suae iniquitatis.
« Et quem prius noverat sacra fulmina canentem(?)duplicato fragore expertus est fulminantem.
1. Ms. : Il faut copier celle lettre si elle se trouve. Un blanc, car la lettre ne s'est pas trouvée.
474 MÉMOIRES DE GODEFROI nERMANT
« QuemBeati Francisci Salesii, caelestis doctrinae jampridem discipulum et pielatis aemulum, nunc sanctitatis praeconem et beatitudinis assertorem ; demum coronse futurum participera,
« Ipsa veneratur Ecclesia,
« Quod delatis Beatissimo Antistiti honoribus, exsulem Ecclesiam Genevensem solatio, clerum gloria, Christianorum orbem laetitia cumulaverit, sincerum hoc gratitudinis et fîlialis observantiœ monuraentum, post humillima pedum oscula coQsecrabat Parisiis e seminario Sancti Sulpicii Humillimus et addictissimas in Christo fîlius ac servus Franciscus de Bertrand de La Pérouse, Sorbonicus. »
Ce que cet ecclésiastique du séminaire de Saint-Sulpice marquait dans l'inscription de sa lettre, que les disciples de saint Augustin craignaient le cardinal Chigi ' avant son élévation au pontificat, était une chose dite en l'air [et s'il avait une secrète aversion contre eux, ce mystère leur était inconnu], car lorsqu'il était nonce à Miinster, il avait parlé assez avantageusement de la personne de M. Arnauld ot de son livre de la Fréquente Communion dans une lettre qu'il avait écrite à M. d'Aquin le père, et l'on a appris par le journal de M. de Saint-Amour le profond respect qu'il faisait profession d'avoir pour la doctrine de saint Augustin. Mais l'abbé de La Pérouse voulait que son zèle éclatât depuis laSorbonne jusqu'au Vatican, et cette grande vénération pour le Saint Siège, dont il faisait une si vaine ostentation, était jointe à un zèle amer contre des personnes très innocentes, qui ne lui cédaient en rien pour l'amour des vérités saintes de la religion et de la morale chrétienne, et pour l'autorité du vicaire de Jésus-Christ.
On travaillait de toutes parts en ce temps-là à affaiblir les évoques par l'autorité du roi, et ce fut par ses ordres que M. l'évêque de Beauvais reçut vers la fin du mois l'arrêt du 1" mai pour la signature pure et simple du formulaire ; le maître de la poste lui ayant dit, en le lui rendant, qu'il avait un ordre exprès de le lui remettre lui-même entre les mains. Ce prélat n'en parut pas plus abattu, et cette
1. Le mot Chigi a été barré au ins., ainsi que la petite phrase entre crochets qui suit.