‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 301 sur 440 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Sentiments du Père Le Fèvre, chanoine régulier, sur les offices qu'on lui rendait pour son retour.

Le Père Le Fèvre, chanoine régulier de l'ordre de Saint- Augustin, l'un des plus considérables religieux de sa congrégation, était toujours à Geneston, au diocèse de Rennes, dans le lieu de son exil, où il avait porté avec lui un certificat de M. d'Elbène, évêque d'Orléans, daté du 43 février, par lequel ce prélat [avait] assuré que dans le temps qu'il avait demeuré en l'abbaye de Saint-Euvert, il avait donné tout le bon exemple qu'on peut attendre d'un véritable religieux; qu'il avait sous son autorité épiscopale travaillé à beaucoup d'actions de piét", et qu'il s'était soumis avec la dernière obéissance à la signature du formulaire de Messeigneurs les évêques. Cependant toutes ces bonnes qualités et les précautions dont il avait usé pour ne pas résister au torrent n'avaient point levé les soupçons que l'on avait de sa personne, ni empêché la flétrissure de son exil, dont ceux qui ne lui voulaient point de bien s'étaient

1. Tout ce long passage depuis : et par récrimination (p. 488) a été barré au ms. par la M. Le Féron et ne figure pas aux copies. En marge du œs. on lit la note suivante de la M. Le Féron : On a fait passer le reste de cette page et la suivante (c'est-à-dire tout ce que nous rétablissons) comme inutiles à l'histoire.

servis contre lui pour l'exclure des grandes charges de Tordre.

On lui manda en ce temps là que l'on travaillait pour son retour, mais il avait trop de lumières et trop de prudence pour croire que cela pût réussir par les moyens que l'on employait, et ce fut dans cet esprit qu'il écrivit cette lettre :

« Le 6 juillet 1662.

« Monsieur,

« Je vous remercie très humblement de la grâce que vous m'avez faite de m'envoyer la lettre de M. d'Alet, dans laquelle j'ai lu avec grand plaisir les sentiments de ce grand prélat sur la matière des souscriptions. J'aurais néanmoins souhaité qu'il n'eût pas dit qu'on est obligé de conformer sa créance intérieure au jugement du pape sur le point de fait.

« Outre que cette proposition paraît très éloignée de la vérité, il me semble que l'on en pourrait tirer des conséquences assez fâcheuses. Si vous ne me mandiez que l'on m'a fait tout ce que l'on me pouvait faire de mal, je croirais avoir quelque sujet de craindre plus que jamais, parce qu'il n'y a point plus de huit ou dix jours que j'ai reçu [une] lettre du P«";re Boulard, par laquelle il me mande qu'il a vu M. de Rennes l'ancien, pour mon retour, et que ce prélat lui a dit qu'il n'y avait rien à faire tandis que je demeurerais arrêté à ne point signer tout simplement. Et dans un billet séparé de sa lettre, il me donne avis qu'il a oublié de me dire des choses plus fâcheuses que j'aurais, dit-il, sans doute apprises de celui qui lui servait de compagnon en cette visite. Je vous dirai néanmoins que ces menaces ne m'ont pas fait grande peur, parce que, dès le 8 février, un ami m'avait mandé que ce prélat avait juré avec Ai^e de Sénecey qu'il empêcherait mon retour ; de sorte qu'il y a quelque sujet de s'étonner que, pour l'obtenir, on se soit arrêté uniquement à celui qu'on savait avoir juré qu'il l'ompêcherait.

« Il est vrai que je suis pourvu de la cure de Montargis, et si je ne considère que la manière dont M»*" de Sens m'en a pourvu, j'ai quelque juste raison de penser que Dieu me veut en ce lieu. Néanmoins, parce qu'il ne me donne pas la liberté d'y aller, permettant que les hommes

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