‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 315 sur 440 · LIVRE' XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE' XXIX

aux ordres de l'Eglise, sans en être intérieurement persuadé? Et en ce dernier cas, ne trouvez-vous point qu'il fût bien dangereux de conserver dans l'âme d'autres sentiments que ceux de l'Église? Je suis arrivé au bout de mon papier d'un trait de plume; je me suis embarqué bien plus avant que je ne pensais, je vous en demande pardon, et ne doute pas de l'obtenir, puisque c'est votre ordre qui m'a jeté dans cette faute. Je vous conjure seulement que ma lettre ne devienne point la matière de quelque réponse publique. » M. d'Angers^ ayant reçu cette lettre, y répondit ainsi fort succinctement :

« A Angers, ce 13 août 1662.

« Je vous rends un million de grâces de toutes vos bontés. Je ne puis assez remercier Dieu de celle que Sa Majesté a fait paraître à la lecture de ma lettre, et ce que vous me mandez qu'il a dit a été une marque de son jugement et de son équité. Je ne le croirai jamais que je ne l'aie vu, que le pape approuve le formulaire, ayant plus d'intérêt que personne que l'Assemblée du clergé ne prenne pas l'autorité qu'elle s'est voulu donner en cette rencontre. Et je vous dis encore qu'à moins que Rome ne renverse toutes ses maximes, cela ne sera point. Il est vrai que les Jésuites y sont si puissants, aussi bien qu'en notre cour, qu'il n'y a rien qu'ils ne s'en puissent promettre. Pour ce qui est de la question que vous me faites, je crois y répondre suffisamment en vous disant que je ne croirai jamais que vous soyez du sentiment de ceux qui ont osé soutenir que le pape, dans les faits, a la même infaillibilité que Jésus-Christ. J'aurais bien d'autres choses à vous dire sur cette matière, si j'en avais le temps, et ce sera peut-être pour une autre fois. Mais vous pouvez vous assurer que personne n'en aura connaissance. »

Le reproche que M. de Lyonne faisait à M. d'Angers, de s'être servi de M. de laVrillière pour rendre sa lettre au roi, était un effet de son amitié, et c'était aussi ce qui lui faisait souhaiter qu'il évitât les périls dont il était menacé, et qu'il se conformât aux autres évêques. Ce n'était pas néanmoins le sentiment de ceux qui avaient fait signer le formulaire purement et simplement. Car M. de Vence, qui était de ce nombre, et qui après cette démarche croyait peut-être

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pouvoir être généreux impunément, lui avait déjà fait des compliments sur sa fermeté, par celte lettre du 12 du même mois" : ,

M Je ne puis, après avoir [lu] la lettre que vous avez écrit(3 au roi,m'empêcher de vous en témoigner ma joie et de vous congratuler de cette action véritablement épiscopale. J'écrivis il y a quelque temps à M. le cardinal Grimaldi pour savoir si le pape agréait la formule que Messieurs nos évêques nous ont envoyée et leurs délibérations. Il me mande qu'elles ne plaisaient pas de delà. J'ai depuis écrit au pape une lettre dont M. d'Andilly vous enverra la copie; mais il faut que ce soit pour vous seul. Nous verrons si Sa Sainteté répondra. Je croirais qu'il serait à propos que plusieurs évêques lui écrivissent dans le même sens. Dieu nous veuille fortilier. Car in ea tempora incidimiis ubi nui' mum oportet firman magnis exemplis. Je vous demande réponse et vos prières. »

CHAPITKR IX

Lettre de M. le nonce à M. d Aiij,m rs. Le roi lui écrit aussi.

L'ordre que le roi avait donné à M. de Lyonne, de communiquer au nonce du pape le contenu de la lettre de M. d'Angers, ne demeura pas sans effet, et produisit peu de jours après cette lettre, que ce député de Sa Sainteté écrivit à cet évêque* :

« Le roi m'a fait l'honneur de me dire que votre Seigneurie illustrissime et quelques autres évoques ont différé de souscrire les deux constitutions apostoliques contre les cinq propositions eu la manière proposée, sous prétexte d'attendre réponse du pape aux lettres que vous lui avez

1. Ce passage, depuis : Le reproche que M. </'• inmn,', ,i fU' hano au ms. et se trouve cependant à la copie.

iJ. Le texte ilalieu do cette lettre est au nis., il ne li^'iue pas à la copie, et cela sur les indications de la Mère Le [«"érou, qui a écrit (mi marge : Passer cet italien et prendre la traduction française à l'autre page. Le texte transcrit par Hermant étant d'une lecture très difficile, on ost bien obligé de suivre iii rcxeni|)lo de la Mère Le Féron.

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