‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 316 sur 440 · LIVRE XXIX · texte numérisé non relu

LIVRE XXIX

écrites sur ce sujet. Ce qu'ayant fait savoir à Sa Sainteté, elle m'a commandé qu'après avoir rendu de très grands remerciements à Sa Majesté du royal zèle avec lequel elle embrasse avec tant d'affection l'uniforme exécution des dites constitutions apostoliques, je lui fasse entendre que Sa Sainteté n'a pas voulu répondre aux lettres que quelques prélats, et particulièrement votre Seigneurie illustrissime, lui ont écrites, par lesquelles ils approuvent le mandement des grands-vicaires de M. le cardinal de lletz, parce qu'elle n'aurait pu y répondre sans leur témoigner son mécontentement. A qifoi elle ajoute qu'il a été facile de comprendre par son bref aux dits grands-vicaires quels sont ses véritables sentiments sur cette matière; ce qui lui fait espérer que personne ne pouvant plus les ignorer, les dits prélats témoigneront leur zèle et l'obéissance qu'ils doivent aux ordres de Sa Sainteté et du Saint Siège. Ainsi ces prélats n'en auront pas plus tôt donné des preuves et écrit de nouveau à Sa Sainteté, qu'elle les honorera de sa réponse et prendra plaisir à rencontrer des occasions de leur témoigner son affection paternelle. J'ai estimé vous devoir non seulement mander la réponse que j'ai eu ordre de rendre au roi, mais aussi de vous dire particulièrement, comme je viens de faire, tout ce que contient la lettre qui m'a été écrite par Monseigneur l'Éminentissime cardinal Chigi, ensuite de l'ordre esprès qu'il en avait reçu de Sa Sainteté, afin que cette connaissance vous éclaircissant de tous vos doutes, vous vous conformiez à l'avis commun d'une grande partie des prélats de France, en une affaire dans laquelle l'uniformité est si importante au bien général de tout ce royaume, et de vous assurer en même temps que sa Sainteté vous en saura gré. Et je me sers aussi de cette occasion pour contlrmer à votre Seigneurie illustrissime les assurances de mon service, et lui baise les mains de toute mon affection.

«A Paris le t9 août 1662.

« Devot™« serviteur, « Celio, archevêque de Césarée.

Pendant que M. d'Angers était occupé à répondre à cette lettre de M. le nonce, ceux qui brûlaient d'impatience de

terminer cette affaire sans donner aux évêques aucun loisir de respirer portèrent Sa Majesté à lui adresser cette lettre pour réponse à celle qu'il lui venait d'écrire.

« Monsieur l'évêque d'Angers, par la lecture de la lettre que vous m'avez écrite le 24 du mois passé j'ai remarqué que la difficulté que vous apportez à souscrire et faire souscrire les ecclésiastiques et les communautés des religieux de votre diocèse au formulaire de profession de foi fait et dressé en l'Assemblée générale du clergé de France, le 17 mars 1657, contre la doctrine de Jansénius, est fondée sur ce que vous estimez que j'ai été surpris lorqu'on m'a fait entendre que le bref de Notre Saint Père le pape, du 1" août 1661, servait de réponse au contenu de la lettre par vous écrite à sa Sainteté sur ce sujet. Comme j'avais bien prévu que vous vous serviriez de ce prétexte pour différer la signature du dit formulaire, j'avais aussi pressé le sieur archevêque de Césarée, nonce de Sa Sainteté près de moi, pour le porter à donner au plus tôt réponse à votre dite lettre; à quoi le dit sieur nonce ayant satisfait, il m'a assuré que Sa Sainteté lui avait positivement mandé que le dit bref du l*"" août 1661 servait de réponse à votre lettre, et que Sa Sainteté s'était abstenue de vous écrire parce qu'elle ne r[aurait] pu faire sans réprimande. [Sa Sainteté] même avait bien expressément chargé le dit sieur nonce de vous le faire savoir, ainsi que j'estime qu'il aura fait. Et comme à présent vous ne pouvez plus douter des intentions de Sa Sainteté après les certitudes que je vous donne de ce que le dit sieur nonce m'a rapporté, je vous fais cette lettre pour vous dire que sans plus de remise ni de difficulté, ni sous quelque prétexte que ce puisse être, vous ayez à procéder et faire procéder incessamment dans l'étendue de votre diocèse à la signature du dit formulaire, conformément à l'arrêt de mon conseil d'État du l^"" mai dernier et au bref ci-dessus énoncé, lesquels étant justes, je ne pourrai me dispenser d'appuyer de mon autorité pour les faire ponctuellement observer et exécuter. Ce qui m'oblige de vous exhorter d'accomplir ponctuellement mon intention, vous assurant que vous ferez chose qui me sera d'autant plus agréable, qu'elle regarde la gloire de Dieu, le bien, l'utilité et l'avantage de son Église. Cependant je le

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