LIVRE XXIX
prierai qu'il vous ait, Monsieur l'évêque d'Angers, en sa sainte garde.
« Fait à Saint-Germain-en-Laye, le 28» jour d'août 1662.
« Louis. »
« Et plus bas : Phélippeaux. »
La résistance de M. d'Angers étonnait d'autant plus la cour que sa sagesse et son respect pour le roi étaient connus de tout le monde. Sa fermeté après tant de sommations et d'attaques irritait les Jésuites, qui l'attribuaient aux suggestions de M. Arnauld. C'est l'avis qu'un des amis de cet évéque lui avait donné dans une lettre du 19 août, dans laquelle il lui mandait que le roi était bien persuadé que M. Arnauld avait infecté toute sa famille. On ajoutait que comme il en parlait, la reine mère avait témoigné beaucoup d'estime pour M, d'Andilly*.
Toutes ces préventions si puissantes en des personnes qui avaient la souveraine autorité montrent que la seule protection de Dieu était capable de sauver M. Arnauld dans cette pressante extrémité, et qu'étant alors au milieu de Paris, il n'a pu y demeurer libre sans une grâce particulière du ciel et sans une espèce de miracle. Que s'il y a sujet d'être surpris d'une si grande correspondance qui paraissait alors entre la cour et M. le nonce, après avoir vu que les nouveaux grands-vicaires n'étaient point agréés à Rome, il faut attribuer un si prompt et si étrange changement à l'aversion des deux cours contre ceux qu'elles traitaient de jansénistes, et qui faisait cesser toutes les autres prétentions afin de s'unir pour les exterminer entièrement. Ce fut la cause de cette réconciliation qui parut dès le commencement du mois d'août, M. le nonce ayant donné l'habit en grande cérémonie à une religieuse sous la permission île M. Morel. Et il avait assisté en Sorbonne au sacre de M. Séguier, évéque deLombez, cet ancien théologal de Paris n'ayant pas voulu recevoir l'ordination épiscopale qu'en présence de M. le nonce et de M. de Paris, Mais la brouillerie de Rome, qui arriva peu de temps après et dont on sera obligé déparier, aurait faitbasser {sic) ce nonce; quand
1. Cette rédaction est de la Mère Le Féroa, qui a barré le texte d'Hermaut de manière à le rendre absolameut illisible.
même l'autre considération ne l'aurait point déjà emporté, celle-là aurait été décisive*.