Sorte de barricades. La Gazelle écrit rasleaux
538 MÉMOIRES DE GODEFROT HËRMANT
loin de pouvoir espérer ce que le pape se devait à soi-même pour son honneur, autant qu'[à] Votre Majesté, par une sévère soumission des coupables, non seulement en onze jours de temps il n'en avait fait punir aucun, bien qu'il eût l'exemple qu'en vingt quatre heures de temps le feu pape Urbain VIII fit pendre neuf Corses, pour avoir tué seulement deux soldats italiens ; mais qu'on avait pris soin d'en faire évader jusqu'à vingt trois de ceux qu'ils appellent les plus criminels, quoique tous le soient également, pour payer après Votre Majesté des diligences qu'ils font pour pouvoir les ravoir en leur pouvoir, dont elle verra dans la suite qu'il ne réussira en rien, parce qu'eux mêmes y ont donné bon ordre; et les choses étant donc dans cette situation, il fallait au moins avoir la vue à ne point commettre davantage l'honneur de Votre Majesté ; et que la retraite de la manière dont je lai faite en était l'unique moyen. Car si Votre Majesté remonte à la source de tous ces désordres, qu'elle considère le moyen que l'on a eu de s'en prendre à son ambassadeur et aux siens, et qu'elle se représente qu'à la fin de juillet ou au commencement du mois d'Août passé, deux Français qui n'étaient point de ma famille, ayant eu quelque différend la nuit avec les Corses faisant la patrouille, dans lequel quatre Corses furent désarmés, le gouverneur de Rome fit faire le procès aux soldats pour s'être laissé désarmer, et à l'officier pour avoir défendu aux soldats de tirer; et que dès lors il fut ordonné aux Corses de tirer sur les Français à la première occasion. Qu'en outre, le 20 du dit mois d'août, jour auquel la violence fut commise en ma personne et en celle de ma femme, après que les trois Français, qui avaient eu prise avec les Corses furent séparés sur le pont Sixte d'avec les dits Corses, le dit gouverneur de Rome commanda à ceuxci d'aller prendre leurs compagnons et de ne point retourner qu'ils ne se fussent vengés sur dix ou douze Français. Votre Majesté jugera facilement qu'après cela je ne pouvais pas espérer de la cour de Rome aucun bon traitement, ni qu'elle voulût rien faire pour sa satisfaction.
w Toutes ces considérations. Sire, me font espérer que la conduite que j'ai tenue ne sera pas désapprouvée de Votre Majesté, ayant essayé de me gouverner toujours avec toute la circonspection et toute la dignité possibles. Que s'il