‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 391 sur 440 · LIVRE XXX · texte numérisé non relu

LIVRE XXX

blesser ma dignité, en haine de celte exclusion dont on se souvient mieux aujourd'hui que de l'ordre qui la leva, qui fut la seule cause de l'éieclion. Je trouve même sur ce fondement que le gouverneur de Rome qui veut se maintenir dans l'autorité etdans le commandement, se servede tous moyens pour parvenir à son dessein, et que lorsque l'on a voulu licencier les Corses pour s'empêcher de les punir, et de crainte aussi qu'ils ne parlassent trop, il a eu très grand raison, pour plaire à ses maîtres, de faire détourner celte soldatesque un quart de lieue de son droit chemin pour la faire passer en triomphe, tambour ballant et enseignes déployées, devant le palais Farnèse. Cependant, comme vous me représentez dans une lettre la piété des rois mes ancêtres et l'honneur du pape, je veux bieu vous assurer quej'emploierai toujours toutes mes forces, et donnerai s'il est besoin ma propre vie avec joie pour sa défense et pour sa gloire; mais que je saurai bien distinguer des intérêts totalement dilTérents, et que conservant inviolablement toute la vénération que je dois au Saint Siège, et respectant toujours la personne de Sa Sainteté, les ministres qui se veulent couvrir d'un manteau qui ne leur appartient pas ne m'auront pas insulté impunément, ni faittantd'outragesde toutes manières, sans que je leur apprenne qu'ils doivent être plus avisés, et qu'ils me devaient plus de respect.

« Sur ce, je prie Dieu qu'il vous ait, mon cousin, en sa sainte et digne garde. Écrit à Paris le 12« jour d'octobre

« Signé Louis, et plus bas : De Loménie. »

Cette lettre de Sa Majesté autant que tout autre chose instruisit la cour de Rome des véritables sentiments du pape, et découvrit des mystères dont la connaissance obligea les cardinaux équitables à prendre d'autres mesures pour l'accommodement de cette affaire.

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