CHAPITRE XII
Écrit mis par ordre du roi entre les mains des ambassadeurs de Venise et de Savoie, sur les afl'aires présentes. La Gazette de France continue de fronder la cour de Rome.
L'indignation de la cour de France déconcertait la politique de celle, de Rome, qui eut encore moins de sujet que
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jamais de douter des intentions du roi, quand elle eut communication de cet écrit que Sa Majesté avait donné ordre de faire tomber entre les mains des ambassadeurs de Venise et de Savoie à Paris :
« Le roi commande que le présent écrit soit mis entre les mains des sieurs ambassadeurs de Venise et de Savoie, pour leur faire savoir ses inclinations sur ce qu'ils ont dit à Sa Majesté, en lui présentant le bref du pape par lequel Sa Sainteté offre d'envoyer vers elle M. le cardinal Ghigi, en qualité de légat, pour l'éclaircir de la vérité des choses, présupposant qu'elle n'en est pas bien informée. Sa Majesté a souvent déclaré qu'elle ne voulait rien écouter ici touchant ce qui s'est passé à Rome le 20 août et depuis, ayant donné un plein pouvoir au sieur de Créquy, son ambassadeur, de traiter et convenir des réparations qui lui sont dues, que le dit duc est déjà entré en pourparler avec le sieur Rasponi, que Sa Sainteté a député vers lui, et ainsi c'est au dit duc seul à qui on doit s'adresser si Ton a véritablement intention à Rome de satisfaire Sa Majesté, laquelle n'entendra plus rien que par cette voie. Cependant les dits sieurs ambassadeurs sauront que jusqu'à ce que Sa dite Majesté soit assurée d'être satisfaite sur tous les points dont le sieur duc s'est déjà expliqué au sieur Rasponi, et sur quelques autres que de nouvelles occurrences obligent à y ajouter, elle n'estime pas, après tant d'offenses qu'on lui a faites, pouvoir avec dignité rétablir aucun commerce de lettres avec les gens de Rome, et bien moins recevoir dans son royaume un nouveau ministre, ni lui faire rendre les honneurs qui seraient dûs au caractère dont il serait revêtu, sans savoir auparavant ce que Sa Sainteté a dessein de faire pour sa satisfaction, et que tous les points n'en aient été préalablement ajustés.
» Sa Majesté a déjà su par deux lettres contenant deux feuilles de papier que le dit sieur cardinal Chigi a écrites au sieur de Lyonne, par les relations du fait qu'il lui a adressées, par les procès-verbaux que le gouverneur de Rome a compilés des prétendus excès des Français, tout ce que le dit sieur cardinal pourra lui dire de vive voix sur les choses passées. Et ainsi tout envoi, soit du dit cardinal, soit de toute autre personne sous un pareil prétexte, ne saurait être à présent que fort superflu, d'autant que sans qu'il soit