Sic. Il faut lire : Sainlelé
donner quelque occasion favorable à la très auguste Maison d'Autriche, à la conservation de laquelle celle de la religion catholique est inséparablement attachée, ce que l'on ne peut pas dire de la France, puisqu'elle n'est plus maintenant cette France qui avait tant de zèle et de respect pour la foi apostolique; mais un royaume à demi-hérétique qui ne peut faire de conquête, ni remporter de victoires sur les corps sans empoisonner en même temps les âmes dans tous les lieux où ses armes peuvent pénétrer.
« Qui ne sait au contraire que dans la vaste étendue de tant d'états et d'empires si immenses que Votre Majesté possède, on ne peut apercevoir la moindre tache d'hérésie? Qui ne sait aussi que tous les soins et toute l'application de vos glorieux prédécesseurs n'aient été de faire des ligues continuelles pour le bien de la religion, que la main des rois catholiques n'ait toujours été employée à planter la croix jusque dans les extrémités de la terre les plus éloignées, et qui enfin peut ignorer par combien de batailles et de victoires l'invincible Charles V, bisaïeul de Votre Majesté, qui s'est rendu célèbre à jamais, a combattu [de] toutes ses forces l'hérésie conjurée contre lui, et tâché de lui donner le coup mortel, et l'aurait indubitablement détruite et entièrement anéantie par son courage etpar sa valeur, si cette hydre infernale n'avait reçu une nouvelle vigueur et de nouvelles têtes par la faveurde la France, l'alliée perpétuelle des hérétiques et des infidèles?
« Cette différence entre les deux couronnes de France et d'Espagne touchant les intérêts de la religion, étant parfaitement connue de Sa Sainteté, a été la seule raison qui l'a portée à ne point précipiter les satisfactions qu'ils demandaient, jugeant que sa résistance était également avantageuse au Saint Siège et à la sérénissime Maison de Votre Majesté, et que par un contre échange elle peut servir de prétexte à l'union des armes de l'Eglise avec celles de l'Espagne dans un temps où les préparatifs que les Français ont commencé de faire par mer et par terre ne donnent point lieu, si ce n'est aux plus stupides, de s'imaginer qu'ils n'aient pour but que d'obliger la Maison de Chigi à réparer l'injure qu'ils prétendent avoir reçue de don Mario.
« Quels états, quelles forteresses possède par mer et par terre la Maison de Chigi, pour faire contre elle de si grandes