Ms. : Une guerre si paissantei S. Sic. Lire : avec
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si elles étaient désunies, l'une étant arrachée, l'autre courrait un grand péril de se perdre et de se rompre. Je souhaite que Dieu ne permette jamais que cela arrive de la sorte, qu'il lui plaise toujours d'arroser des eaux de ses bénédictions ces deux rameaux très augustes, afin qu'étant parfaitement enracinés ils se fortifient de plus en plus, et que s'étendant ils puissent donner sous leur ombre une sûre retraite à la religion catholique contre les ardeurs malignes de la canicule enragée de l'hérésie. Qu'à cet effet. Sire, Votre Majesté puisse recevoir du ciel l'inspiration nécessaire, et qu'il lui fasse connaître combien il importe au bien de l'Eglise, et au sien propre et au salut commun de toute la chrétienté, d'empêcher ou au moins de s'opposer à l'entrée des Français dans l'Italie, afin qu'à faute d'un user ainsi cela ne se passe pas sans effusion de sang, bien que dans la suite, lorsqu'ils auraient pénétré jusque dans leurs entrailles, ils s'y trouvent comme des misérables reliques d'un corps défait, en état d'attirer plutôt la compassion que la crainte, et que se voyant exposés à la discrétion de si puissants ennemis dans un pays étranger si éloigné du leur, ils rendront les armes sans aucune résistance, et recevront comme une très grande grâce la liberté de pouvoir retourner sains et saufs en leurs maisons.
« El afin, Sire, de conclure mon discours, je dirai à Votre Majesté qu'elle ne doit faire nul cas de ce qu'elle a accordé ou promis aux Français, puisque le prétexte de la religion est plu&que suffisant pour rendre non seulement légitime, mais même louable toute rétractation de parole de Sa Majesté, au lieu que si elle prenait une résolution contraire, il se pourrait faire qu'un jour, avec la douleur générale des fidèles chrétiens et dévoués à sa couronne, elle s'apercevrait, mais trop tard, d'avoir présenté le sein à un très cruel aspic, et reçu en sa maison un ennemi très mortel de sa gloire. J'attendrai la réponse qu'il plaira à Votre Majesté de faire sur toutes les choses que je viens de lui exposer, »
il fallait certes que la considération de Mario et des siens fût bien puissante sur l'esprit du pape, son frère, pour sacrifier ainsi à ses intérêts la couronne de France et le repos de toute l'Europe. 11 fallait que les affaires de la maison Chigi fussent d'un grand poids pour faire oublier en un instant le rétablissement des papes en Italie. Les services