Lire : après que r empereur aura fait
de ce que peut un prince, quelque bon et religieux qu'il soit, dans une occasion où le ciel conspire encore au châtiment des hommes, étant persécuté comme il est et calomnié injustement par le mépris de plusieurs personnes? L'exemple d'Henri VIII, roi d'Angleterre, quoique dans une occasion tout à fait injuste, devait avoir enseigné à tous les papes de ne penser jamais sans crainte à des délibérations si violentes. Comment aussi est-il possible que Sa Sainteté pense à attaquer le clergé de France, qui pourrait en quelque manière soutenir le parti de la religion, nonobstant la résolution que le roi aurait pu prendre sur ce sujet, et qui dans l'honneur peut concourir également avec son prince et le porter même à ces épouvantables extrémités, dont je souhaite que Dieu par sa miséricorde veuille délivrer le Saint-Siège.
« Ces pernicieuses propositions, qui pour la piété du roi mon seigneur ne méritent pas qu'il les accepte et les écoute, jointes au peu de fondement d'honneur et d'utilité qui se trouvent dans toutes les choses que Votre Seigneurie a représentées, me font réduire à renfermer mon opinion dans trois points principaux sur tout ce que vous avez dit.
« Le premier est que Sa Majesté s'efforcera avec toute la diligence et le soin possibles, pour le salut de la chrétienté, de faire obtenir au roi très chrétien les satisfactions qu'il désire, avec quelque modération néanmoins en faveur du cardinal Impérial, et d'ôter de l'esprit de pape cette forte inclination qu'il a à la guerre en croyant bien faire, et même après qu'il aura satisfait au roi de France, l'obliger de travailler par tous les moyens possibles à établir entre la Majesté de l'empereur et le roi très-chrétien une bonne et fidèle correspondance, et de plus de faire en sorte que Sa Sainteté s'applique avec toute la fidélité et Tassistance possibles à aider l'empereur contre les Turcs, en y employant les deniers qu'il a levés pour cet effet sur les bénéfices de l'Église, afin que l'on ne puisse pas dire qu'il a plutôt levé ces impôts pour assassiner les ecclésiastiques que pour opprimer les infidèles.
« Ce sera la voie d'accomplir les souhaits et les vœux de Sa Sainteté pour la félicité de la maison d'Autriche, dont les deux très augustes branches veulent pour croître et se fortifier être arrosées, par le moven de la oaix avec la