‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 4)Chapitre 56 sur 440 · LIVRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE XXV

Et pour répondre à ce que M. Haslé lui avait écrit, que le formulaire ne condamnait que le dogme condamné par les constitutions, il emploie ce qu'il avait déjà écrit : que ce dogme n'était point éclairci ; qu'il y avait dispute formée touchant son essence, et que de signer la condamnation de ce dogme avant qu'on l'eût expliqué et que l'on eût mis fin à la contestation, c'était signer une profession de foi en blanc, vu principalement que les adversaires disaient que ces propositions étaient condamnées au sens de Jansénius qu'ils expliqueraient. comme il leur plairait sans toucher à la question de fait, c'est-à-dire sans obliger de croire que ce qu'ils diraient avoir entendu dans la question de droit fût dans Jansénius.

Il n'était pas heureux dans ses conjectures lorsqu'il disait que les disciples de saint Augustin ne devaient pas s'imaginer qu'on les empêchât de signer avec restriction parceque les personnes qui menaient cette affaire avaient trop d'esprit pour s'opposer à une chose qui ne tournerait qu'à leur avantage; que c'était beaucoup de faire que l'Assemblée du clergé passât pour un concile national, comme ils prétendaient, et que la signature paisible de tous les fidèles dont aucun ne contestait leur droit les mît en possession de définir tout ce qu'il leur plairait.

Il ajoutait que c'était une chose étrange, et dont il ne pouvait assez s'étonner, que tous ses amis reconnussent que la signature du formulaire était une entreprise nouvelle, inouïe, irrégulière, et que cependant on ne le dît point dans les écrits que l'on publiait. Qu'à voir les derniers qui avaient été faits, il semblait que c'était une chose tout à fait ordinaire de signer des formulaires faits par l'Assemblée du clergé. Qu'au moins on pouvait dire ouvertement que c'était une entreprise nouvelle, que cela n'avait jamais été fait; que l'Assemblée du clergé n'avait aucun droit de faire ce qu'elle faisait; que ce serait un moyen d'empêcher que les peuples n'en fussent séduits, et que le silence que l'on gardait sur ce sujet leur donnait sujet de croire que le clergé ne faisait que ce qui se faisait ordinairement, et ce qu'il avait droit de faire.

Ensuite il répondait aux objections que M. Hermant lui avait faites dans une lettre par l'engagement que M. Haslé leur ami commun lui avait fait prendre d'intervenir dans V 7

cette contestation; et il avouait qu'elles étaient considérables. La première était que ceux de qui on exigeait la signature du formulaire n'étaient pas évéques. La seconde qu'il ne s'agissait que d'un point de discipline; que n'étant pas évéques nous n'avions {sic) pas l'autorité de nous opposer aux évéques, et que ne s'agissant que d'un point de discipline, on pouvait en souffrir l'affaiblissement pour conserver la paix de l'Église.

Sur cela M. Perrault demandait à Dieu de tout son cœur que si ces raisons étaient bonnes, elles lui persuadassent de signer. Qu'en effet la singularité lui faisait peur; que la piété de ceux qui ne goûtaient point ses raisons l'étonnait autant que l'opiniâtreté qu'il avait à ne point goûter les leurs. Qu'il croyait cependant qu'un homme de leur sorte, et qui faisait à peu près les mêmes fonctions qu'eux dans un autre diocèse, ne signerait point du tout s'il ne changeait.

Pour répondre à la première objection, il disait que jusqu'alors ils ne s'étaient point encore servis de l'exemple des évéques pour se conduire dans cette affaire. Il renvoyait sur cela à l'écrit qui avait été fait touchant les signatures durant les assemblées de Sorbonne; qu'on ne leur avait jamais objecté qu'ils n'étaient pas évéques pour se régler sur ces exemples; qu'eux-mêmes ils n'avaient pas cru qu'ils les obligeassent moins à les suivre pour n'être que prêtres. Qu'il ne savait point qu'on eût jamais reproché à ceux qui avaient défendu les intérêts de l'Église qu'ils n'étaient que prêtres; qu'il était assuré que les prêtres, selon l'institution divine ou du moins apostolique, participaient à l'autorité par laquelle on gouverne l'Église, et qu'au moins les Actes des Apôtres nous le disent, ce semble, assez clairement lorsqu'ils parlent des conciles tenus en Jérusalem. Que ceux qui demandèrent à saint Pierre pourquoi il avait été prêcher l'Évangile aux gentils n'étaient ni prêtres ni évéques*; que dans l'opposition qu'ils lui firent, on ne pensa pas à disputer de leurs qualités; que c'étaient des fidèles et que cela suffisait; que les prêtres et les docteurs qui étaient à Antioche et qui étaient toutau plus prêtres députèrent par l'ordre de Dieu saint Paul et saint Barnabe pour être

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