LIVRE XXV
laissaient pas d'avoir beaucoup d'eslimepour eux ; et l'évériemenl a fait voir que si les remèdes ne produisaient pas leur effet dans le temps qu'ils étaient distribués, néanmoins ils devaient être un jour capables de faire cesser la persécution d'une manière éclatante et avantageuse à la vérité. M. Duhamel s'était aussi adressé à ...., pour savoir de lui (|uel sentiment on avait de lui dans la maison de Port- Hoyal, et il lui avait fait cette réponse le 24 juin'.
M Monsieur mon très honoré Père,
w La dernière lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire m'a été rendue le 15. J'ai attendu quelque temps pour y faire ma réponse, dans la pensée que pendant ce temps on pourrait recevoir la vôtre à deux lettres que vous ont écrites nos deux principaux amis il y a trois semaines. Mais voyant qu'ils ne la recevaient pas, et que j'étais cependant en demeure à votre égard, après leur avoir parlé derechef sur votre sujet et leur avoir communiqué votre lettre, j'ai cru ne devoir pas attendre plus longtemps à vous dire de leur part que ni votre action, ni quelque autre chose qui puisse jamais arriver, n'est capable d'altérer tant soit peu l'étroite union qui lie vos cœurs ensemble il y a si longtemps, ni d'apporter la moindre diminution à la sincère et cordiale affection qu'ils vous doivent par tant de titres. C'est une vérité que vous ne devez jamais révoquer en doute, et c'est par la raison de cette véritable et sincère amitié qu'eux et les véritables amis de deçà ont ressenti une douleur extrême du malheur qui vous est arrivé, et en sont inconsolables. Dans l'éclat, et je puis dire le grand scandale que cela cause, chacun s'en prend à eux, et leur en demande raison, A quoi ils n'ont autre chose à répondre, sinon que vous avez cru bien faire, et ainsi ils justifient tant qu'ils peuvent votre intention, ne pouvant pas justifier votre action ; puisqu'ils ne peuvent disconvenir lo que vous n'ayez agi avec trop de précipitation, en n'attendant pas ce que ferait Paris; 2° que vous n'ayez souscrit à une ou plutôt à plusieurs faussetés insignes; 3° que vous
1. Tout ce passage jusqu'à la fiu du chapitre est surchargé de corrections et de renvois. Le copiste a suivi les indications du correcteur {la M. de Féron) ; pas toutes cependant, car il donne les paragraphes supprimés.
n'ayez condamné un grand et vertueux prélat, qui se pourra élever au jour du jugement contre vous, et qui, nonobstant tous les témoignages contraires, passera toujours devant les personnes sages et éclairées, comme apparemment devant Dieu et devant les anges, comme un très fidèle interprète de la doctrine de saint Augustin, et qui est en cela d'autant plus digne de louanges qu'en ces malheureux temps la vraie grâce de J.-C. était inconnue et presque entièrement éteinte. J'entrerais ici trop avant pour la portée de mon esprit si je n'étais instruit de ce que je vous dis par ceux en qui vous dites que vous avez uniquement confiance. Peutêtre que tout le monde ne sera pas d'accord de ce que je viens d'avancer, quoique entre les gens de science, un peu équitables le nombre en soit fort petit. Je sais qu'il y a par deçà une petite personne de vos amis (le jeune M. Dirois) qui en est. Mais c'est cela même qui est un nouveau sujet de douleur et d'affliction pour vos vrais amis, de voir cette personne prononcer et décider avec une extrême hardiesse sur toutes ces matières, et principalement dans cette rencontre, jusqu'à en vouloir écrire, à ce que l'on m'a assuré, contre le sentiment universel de tout ce qu'il y a de vos amis particuliers et des autres, mêmes qui passent pour les plus raisonnables et les plus habiles. En voici un petit échantillon dans le billet inclus de M. Hermant, qu'on a jugé à propos que je vous envoyasse :
« Cela fait gémir beaucoup de personnes et aurait causé « la chute de beaucoup d'autres, si l'ordonnance de MM. les « grands-vicaires sur la signature eût été aussi mau- « vaise qu'on le craignait. »
« C'est, mon très cher Père, en ces termes que l'on parle communément de votre action entre vos amis, qui contribuent chacun de leurs larmes et de leurs prières pour vous. Et entre autres, il y a parmi les laïques le bon et charitable médecin (M. Hamon) que vous aimez, qui en me venant charger de vous assurer de ses respects et de son affection plus que jamais, m'a aussi chargé de vous dire qu'il a le cœur percé de douleur à votre sujet, et qu'il vit néanmoins dans l'espérance que votre action en produira une autre qui vous sera salutaire et glorieuse à toute l'Église. Ce qui me donne lieu, mon très cher Père, de vous dire de la part de vos vrais et inviolables amis qu'on pourrait encore