LIVRE XXV
saintes sœars et plusieurs nièces*. La Sœur Angélique de Saint-Jean, maîtresse des novices, fille de M. d'Andilly, son frère, était du nombre de ces dernières, et la lettre qu'elle lui avait écrite dès le 6 de juillet, quand elle apprit la résolution qu'il prenait d'agir en évéque pour la défense de la vérité, était capable de le remplir d'une nouvelle force. Voici ce qu'elle lui mandait.
« Le 6 de juillet, « Gloire à Jésus au très Saint Sacrement.
« Monsieur mon très cher oncle *,
« Je me tiens trop heureuse dans d'autres rencontres d'être assurée que vous me faites l'honneur de me conserver une place dans votre souvenir, et comme j'ose le croire dans votre amitié, sans que j'aie même besoin de vous importuner pour vous demander la continuation de cette grâce. Mais il est raisonnable que, sans rien diminuer de mon respect pour vos importantes occupations, je sorte de mon silence en cette occasion si extraordinaire pour vous témoigner avec toutes les autres que nous regardons comme un miracle de Dieu le secours qu'il lui plaît de donner à sa vérité par votre zèle, dans un temps où elle paraissait plus qu'elle n'a jamais été universellement abandonnée de tous ceux qui par le rang que leur dignité leur donne dans l'Église en devraient être les défenseurs. De sorte qu'il paraît bien que Dieu vous a réservé pour conserver en votre personne ce feu sacré de la charité épiscopale, qui paraissait s'aller tout à fait éteindre, et pour le rallumer dans plusieurs autres évêques, qui sans doute voudront suivre l'exemple que vous leur donnez, et ne plus craindre de hasarder quelque chose pour conserver aux âmes que Dieu leur a commises la paix et la sûreté de leur foi et de leur conscience, qu'on expose assurément beaucoup par tous les troubles que ces contestations jettent dans les esprits. Vous n'avez pu ignorer aucune des afflictions qui nous ont accablées sans relâche depuis deux mois. Mais je