CHAPITRE XXI
M. de Beauvais écrit à M. d'Angers sur sa lettre.
Tout le monde attendait avec quelque sorte d'impatience ce que ferait en cette occasion M. l'évéque de Beauvais nouvellement revenu de ses visites, et si ces nouveaux efforts que l'on faisait à Paris et à Angers pour défendre la vérité et l'innocence ne lui donneraient point quelque ouverture pour se tirer de l'oppression où il était par la révolte de son chapitre. Il ne manquait pas de personnes qui lui conseillaient chaudement de se conformer à la conduite des grands-vicaires de Paris et de publier en diligence un mandement Semblable au leur. Mais sa sagesse le garantit de cette précipitation, qui n'aurait servi qu'à irriter la cour contre lui sans aucun avantage pour son affaire.
Le 13 juillet, il tint son synode à l'ordinaire, et prit pour sujet de son discours ces paroles de saint Paul : Adimpleo in carne mea ea quae desunt passionum Christi pro corpore ejus quod est Ecclesia. Ce qui était pour lui un engagement nouveau aux croix et aux souffrances qui étaient devenues son partage.
M. le comte d'Auteuil, son diocésain, l'étant venu voir le lendemain 14 sur le soir, lui dit que tout le monde publiait à la cour qu'il n'y avait plus que lui qui ne voulût rien faire. Que M. de Sens s'était accommodé avec Rome en donnant une révocation par écrit de sa lettre pastorale, qu'il le savait certainement de M. de. Rennes, qui lui en avait même témoigné son étonnement. Ce gentilhomme lui soutint même que les grands-vicaires n'avaient point parlé