‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 106 sur 522 · LIVRE TI · texte numérisé non relu

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mais parce qu'aimant la vérité sur toutes choses, il crut l'avoir affaiblie par des condescendances et des expressions dont il aurait voulu s'être abstenu; mais il crut devoir imiter en cela l'exemple de quelques grands saints, comme saint Denis de Milan, saint Thomas de Cantorbéry et quelautres, qui ayant d'abord un peu biaisé* par des accommodements qu'on leur avait proposés, s'étaient rétablis ensuite dans leur première vigueur. C'est ce que M. de Saint Cyran a fait dans toute la suite de sa vie, et qu'il

commença de faire par cette lettre qu'il écrivit à M

ensuite de celle qu'il avait adressée à M. de Chavigny.

« Je ne puis m'empécher de vous dire que je suis en l'état où Dieu veut que je sois, et que je n'ai eu nulle peine dans cette dernière rencontre, que j'ai prévue dans le commencement; si je ne l'ai dit à tout le monde, c'est qu'il faut faire dans ces sortes de prévoyances qui sont toutes recueillies dans un esprit particulier, ce qu'on fait lorsqu'on est bien conduit dans les révélations particulières que Dieu même nous envoie ; C'est qu'on n'y a nul égard, et en quelque condition de vie qu'on soit, on fait comme auparavant, car elles n'entrent jamais dans le commerce des actions humaines, et ne peuvent y être employées sans causer de grands troubles, et renverser Tordre de Dieu et du monde. Tout ce qui m'est resté dans l'esprit depuis votre parlement c'est un secret mécontentement de n'avoir pas parlé si fortement qu'il fallait, et défendu plus ouvertement et avec plus d'étendue la vérité. Je vous avoue que vos langages et vos tempérances que vous donnez aux paroles (je dis tous les académiques), ne s'accordent pas bien avec l'éloquence des pensées, des actions et des mouvements que donne la vérité divine à celui qui la connaît et qui l'aime. Les raisonnements et les trop grandes mesures des paroles appartiennent aux philosophes et aux courtisans ; mais ceux de notre profession qui regardent non tant ceux à qui ils parlent que Dieu de qui ils parlent, sont animés d'un autre esprit qui leur fournit un autre langage ; sans vous qui m'avez peut-être trop humilié, pour ne dire pas rabaissé, fcj'en eusse usé en cette occasion, et peu s'en faut que je ne [m'en repente. Car qu'était-il besoin de faire autrement, sa-

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