‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 159 sur 522 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

valent encore renfermés dans des bornes trop étroites. C'est ce qui les avait portés à entreprendre sur les collèges du voisinage pour les réunir au leur, quoique le traité' qu'ils avaient fait en 1631 avec M. l'évêque du Mans, Philippe de Beaiimanoir*, pour acheter le collège du Mans, ne leur eût pas réussi, et n'eût guère produit d'autre fruit que de voir le portrait de leur compagnie dans une harangue, prononcée contre eux dans l'Université de Paris par M. Girard, professeur en rhétorique au collège d'Harcourt et depuis abbé de Verteuil, mise au jour sous le nom : Cmomanica. ils avaient été plus heureux dans l'acquisition du collège de Marmouliers. La maison des Cholets avait aussi reconnu par expérience combien ils sont de dangereux voisins. Enfin l'Université n'avait pu conserver son ancienne liberté contre leurs usurpations continuelles que les armes à la main, et dans l'embarras d'une guerre domestique.

Il ne lui restait plus qu'une barrière pour empêcher son entière destruction, et c'était celle de ses privilèges et de ses degrés, dont les écoliers des jésuites étaient exclus. La mort du cardinal de Richelieu leur parut une conjoncture favorable pour renverser cette muraille de séparation. M. de Noyers, qui n'avait pas moins de zèle qu'eux pour leur agrandissement, avait une très grande part dans le ministère de l'État auprès d'un roi accablé d'infirmités et de maladies. Ils crurent donc qu'il n'était plus temps de différer, et ayant choisi quelques-uns de leurs disciples qui avaient étudié en philosophie sous leurs professeurs, et qui avaient des parents assez accrédités à la cour pour soutenir leurs entreprises^, ils leur firent demander d'être admis au degré de maîtres ès-arts, par une signification qu'un huissier du conseil fit au recteur de l'Université.

M. Louis de Saint-Amour'^, qui s'est signalé depuis ce

Page 1