‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 253 sur 522 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

la suite de cette affaire; encore de ce peu de personnes, qui ont mis la main à la plume, est-il certain que la moitié n'a été occupée qu'à faire des traductions.

Dès le lendemain de la publication de ce livre, savoir, le 25 novembre, M. le coadjuteur de Paris, qui avait le gouvernement du diocèse en l'absence de M. l'archevêque, son oncle, pendant son séjour en son abbaye de Saint-Aubin d'Angers, fit une ordonnance qui renouvelait toutes les autres, et qui défendait en général à tous les prédicateurs de traiter en leurs prédications et catéchismes des questions contentieuses de la grâce. Car le zèle amer de M. Habert avait eu des imitateurs, et le P. Herbodeau', jésuite, prêchant le carême à Saint-André-des-Arts, avait appelé sans casse M. d'Ypres un Calvin recuit et un Calvin rebouilli.

Mais quoique M. Habert prétendit dominer dans la Faculté par le nombre de ses partisans, il fut fort surpris quand il vit que ses mesures étaient trop courtes pour faire réussir ses desseins. Car son livre de la Défense de la ¥o\ ayant été approuvé contre les formes par les Pères Brisacier et Nicolaï qui n'en avaient point fait la supplication selon l'ordre et l'usage de la compagnie, et cette considération ayant empêché M. de Sainte-Beuve* de l'approuver sur la proposition qu'en fît M. de Bréda, syndic, il fut ordonné que le témoignage de ces deux particuliers serait considéré comme une approbation privée, et non comme étant en aucune sorte autorisée par le corps. Car la Faculté demeura dans les sentiments où elle avait été dès l'année précédente, lorsque le P. de la Haye, bénédictin, l'un de ses docteurs, ayant demandé, le 1" Octobre 1643, la permission d'approuver un livre du P. Pierre de Saint-Joseph, de l'ordre des Feuillants, intitulé : Défense de saint Augustin d'Hippone contre saint Augustin d'Ypres, elle lui avait répondu qu'elle n'avait nulle intention d'approuver les livres qui seraient pour ou

1. Claude Herbodeau fut recteur du noviciat des Jésuites en 1650.

2. Jacques de Sainte-Beuve (1613-1677), docteur de Sorbonue et professeur de théologie. Il dut se démettre de sa chaire et renoncer à la prédication pour n'avoir pas voulu souscrire à la condamnation d'Arnauid. 11 signa pourtant le Formulaire, et fut dans la suite nommé théologien du clergé de France. 11 a laissé quelques ouvrages de théologie, notamment un Traité des CiTsde conscience.

contre Jansénius. Ainsi M. Habert ne put remporter ce qu'il prétendait, et cette conduite de la Faculté fît voir qu'il ne pouvait, sans imposture, lui attribuer, comme il avait fait dans son livre de la Défense de la Foi, sur le sujet d'une lettre de l'Université de Louvain, que cette Faculté de Paris ne se départirait jamais \de] sa doctrine, pour embrasser une doctrine bigarrée et étrangère, entendant par ces termes injurieux celle de M. Jansénius, évéque d'Ypres.

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