‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 278 sur 522 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Eutretien de M. Bourgeois avec le cardinal Pancirole. 11 visite plusieurs autres cardinaux, et particulièrement celui de Saint-Clément.

Les cardinaux secrétaires d'État étant toujours logés dans le palais même du pape, M, Bourgeois, au sortir de la salle d'audience de Sa Sainteté, qui est au premier étage, n'eut besoin, pour saluer le cardinal Pancirole, que de descendre dans l'appartement d'en bas, et il trouva en sa personne le prélat le plus civil, le plus poli et le plus habile qui eût été depuis longtemps dans cette charge, au sentiment des Romains,

Lui ayant déclaré le sujet de son audience, et fait un abrégé, le plus clair qu'il lui fut possible, de la doctrine du livre dont il s'agissait, cela donna lieu à ce cardinal de lui dire que cette affaire, de la manière dont quelques-uns en parlaient, était fâcheuse; qu'on prétendait que ce livre condamnait d'abus toutes les absolutions qui se donnent avant que la pénitence soit faite : pœnitentia nondum peracla; ce qui ne serait rien moins que de condamner toute l'Église, qui est dans une pratique contraire; que pour lui il ne pouvait croire que tant de personnes illustres par leur qualité, par leur naissance, par leur science et par leur mérite, fussent tombées en cette folie, mais que cependant on ne laissait pas de la leur attribuer.

M. Bourgeois le remercia de la justice qu'il faisait à tant d'hommes de mérite, dont il y en avait des plus grands et des plus considérables du royaume; il lui dit qu'ils lui étaient très obligés, et lui-même en particulier, puisqu'il avait l'honneur d'être du nombre de ces approbateurs, quoique le dernier de tous en toute manière ; que comme ces

1. Jean-Jacques Pancirole (1387-1651), grand partisan des Espagnols et ennemi de Mazarin.

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