‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 296 sur 522 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

véritable, et que le livre de la Fréquente communion avait été effectivement justifié et loué devant le pape par les cardinaux du Saint-Office. A quoi ce Père commissaire répondit que M. Bourgeois étant personne publique comme il était, ses lettres portaient en elles-mêmes leur autorité, et devaient être crues ; que l'Inquisition avait ses formes, et que l'une des principales était celle-ci, que lorsqu'après avoir examiné un livre, ou instruit le procès d'un accusé détenu dans le Saint-Office, on ne trouvait pas de quoi le condamner, on ne faisait autre chose pour la justification de l'un ou de l'autre que de laisser le livre dans l'état où il était par les approbations ordinaires avant son accusation, et de remettre le prisonnier en liberté; qu'il avait sujet d'être content de la justice que le Saint-Office lui avait rendue, et que le silence et l'humiliation de ses parties la feraient assez connaître partout.

M. Bourgeois ne put s'empêcher de lui faire quelques répliques^ mais après avoir vu qu'il n'y avait nulle apparence de rien espérer davantage de la part du Saint-Office, il lui demanda s'il ne pouvait se rien promettre de plus de la part de Sa Sainteté; que les règles de cette congrégation ne l'empêcheraient peut-être pas de répondre à la lettre que les archevêques et les évêques approbateurs du livre lui avaient écrite, et il le pria de lui dire s'il ne croyait pas qu'il lui en dût parler, pour la supplier d'honorer ces prélats d'un mot de réponse. Sur quoi ce religieux lui témoigna qu'il ne voyait rien qui dût le détourner de le faire; mais qu'il ne croyait pas néanmoins que., cette afTaire ayant passé parles formes et étant du secret de l'Inquisition, il obtînt de Sa Sainteté la réponse qu'il désirait, quoique dans le fond il ne hasardât rien en faisant cette demande.

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