‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 456 sur 522 · LIVRE Vil · texte numérisé non relu

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mois auparavant, il s'était plaint dans un acte de théologie de ce que l'on s'écartait de la doctrine de saint Thomas et des saints Pères, se servirent d'un séculier de leurs émissaires pour s'en venger insolemment.

Cet homme [qui] était de leur congrégation, avocat de profession, et qui n'avait jamais étudié en théologie, ainsi qu'il le reconnaît lui-même, s'étant ingéré de disputer de la grâce suffisante, et ayant condamné d'hérésie l'opinion contraire à celle des Jésuites, qui la soumettent au librearbitre, ce prélat lui en avait fait en quatre ou cinq paroles une légère réprimande avec toute la douceur possible, et avec tant de discrétion que peu de personnes s'étaient aperçues de cette correction paternelle qu'il lui avait faite, en lui disant qu'il se mêlât de ses procès, et non des questions de théologie. Mais cet archevêque ayant érigé depuis ce temps-là une chaire en théologie, et l'ayant stipendiée à ses dépens de dix à douze écus par mois, en attendant qu'il eût trouvé de quoi la fonder tout à fait, les Jésuites qui virent qu'il destinait pour la remplir un chanoine de la cathédrale, ou quelque docteur célèbre, augmentèrent leur animosité contre lui, et se servirent de cet avocat même pour la satisfaire.

Ils en avaient concerté ensemble les moyens à l'occasion d'un autre acte qui se devait soutenir à Avignon. Mais comme M. l'archevêque, qu'ils y voulaient attirer ce jour-là pour lui faire injure, s'était excusé d'y aller, parce qu'il avait été purgé ce jour-là même, cet avocat qui était l'instrument de leur passion, fut assez incivil pour l'aller solliciter jusque dans sa chambre de s'y trouver, lui promettant qu'il y entendrait des choses dignes de lui, et l'en pressa avec tant d'instance que ces importunités l'y obligèrent à la fin.

Cet avocat fit donc un petit discours en latin avant que d'entrer en matière pour la dispute, et dit que s'étant trouvé peu de jours auparavant, par une providence particulière de Dieu, dans une assemblée où MM. de la Faculté de théologie passaient un docteur', il s'y était arrêté

caias le uom de Dominique. Il séjourna quelque temps à Rome, puis fut appelé au siège archiépiscopal d'Aviguoa qu'il occupa avec éclat.

I. C'est à dire faisaient passer un examende doctorat, recevaient un nouveau docteur.

quelque temps, et avait entendu remuer des questions scandaleuses et hérétiques qu'un certain pédant, venu de je ne sais où, et franc espagnol, avait semées dans un livre hérétique et rejeté généralement de tout le monde, qu'il a intitulé faussement Augustinus, puisqu'il contient une doctrine toute contraire à celle de ce saint docteur. Qu'en ayant été surpris d'abord, il avait voulu témoigner quelque zèle pour la vérité catholique; mais qu'une personne à. qui il devait du respect l'avait repris de ce qu'il se mêlait de ces questions et lui avait imposé silence. Que néanmoins, ayant pensé qu'il était chrétien et catholique, et que tout chrétien et tout catholique doit rejeter les opinions condamnées dans l'Écriture, dans les prières de l'Église, dans les saints Pères et les conciles œcuméniques, il avait résolu de défendre la saine doctrine qu'il avait reçue avec la religion de ses pères.

Après celte entrée, il s'attacha particulièrement à la personne de M. Jansénius, l'accusant d'avoir monté à l'épiscopat, nescio quitus artibus (par je ne sais quels artifices) ; et qu'entre autres voies dont il s'était servi, la composition de Mars Gallicus n'y avait pas peu contribué. Ensuite, il condamna généralement le livre de ce prélat intitulé Augustinus, noircit sa personne sacrée, et passant aux propositions particulières, il lui imposa malicieusement de soutenir que J.-C. n'était pas mort pour tous les hommes; qu'il n'y avait pas de grâces suffisantes; que les commandements de Dieu étaient impossibles, s'écriant sur chacune de ses propositions : 0 amential et comparant cet évéque à Luther et à Calvin.

Il faut avouer que la patience de M. l'archevêque d'Avignon fut encore q uelq ue chose de plus surprenant que l'insolence de cet avocat, et qu'un successeur des apôtres qui voit avilir son autorité et mépriser son caractère si publiquement par un laïque, a quelque chose de plus que duilegme italien, quand il ne repousse pas cette injure par quelque action ou par quelque parole de vigueur. Mais on voit par là quel était alors le fantôme du jansénisme, qui jetait la crainte dans le cœur des personnes les mieux intentionnées, et c'était ce qui inspirait aux Jésuites et à tous leurs émissaires une si grande témérité.

Vers le temps de cette séditieuse déclamation, le sieur

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