‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècle (1630-1663) (volume 5)Chapitre 475 sur 522 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Des écrits qui se publièrent pendant cette année hors du royaume sur la matière de la grâce.

M. Sinnich, docteur de Louvain, prit cette année l'occasion de l'explication d'un endroit de saint Augustin sur le psaume 36, pour publier un gros volume touchant notre retour en la Jérusalem céleste qui est notre véritable patrie, et il l'intitula : Celidonii Nicasi Subiriensis theologi Peregrinus Bierosolymitanus, sive Tractatus quinque- 'perlitus de quintuplici notilia peregrinantibus per mundi hujus eremum in supernam Hierusalem, necessaria. Il n'a donné que les trois premiers livres de cet ouvrage, et les deux autres n'ont jamais paru, quoiqu'il ait vécu longtemps après sa publication.

L'Angleterre nous donna aussi cette année un écrit d'un docteur catholique, qui portait pour titre : Mens. D.Augustini de gratta.

On vit sortir des presses de Mayence le livre d'un jacobin contre M. d'Ypres, sous cette inscription : J). Augustini et Sanctorum Patrum de libero arbitrio interpres thomisticus adversus Cornelii Jansenii Yprensis doctrinam prave defensatamin Theriaca Vincentii Lenis. Auctore Alexandre Sebille Ord. Praed. S. Th. D. Leopoldi concionatore Mayent. in. fol.

Un autre auteur publia au mois de novembre, en quelque endroit hors du royaume, comme il paraît par le caractère de l'impression, un petit écrit intitulé : Utrum sit damnandus Jansenii Augustinus.

Dans le temps même que les disciples de saint Augustin écrivaient pour l'Église contre les Notes de Samuel Des Marets, ministre de Groningue, sur le catéchisme de la grâce,

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le sieur Valentin Randour, docteur en théologie et professeur royal dans l'Université de Douai, prit occasion d'une harangue qu'il avait à prononcer dans les écoles publiques en donnant le bonnet à un licencié, curé de Bruges, pour noircir tous les disciples de saint Augustin, comme étant prêts de se séparer de l'Église. Il était si peu informé de la vérité du fait dont il voulait tirer tant d'avantage en faveur des Jésuites, qu'il débitait, contre toute vérité, que le catéchisme de la grâce avait été imprimé à Amiens; il ne faisait nulle difficulté de dire que ceux qu'il appelait jansénistes (doutant néanmoins qu'il y en eût dans le monde), c'est-à-dire ceux qui selon lui attachaient la liberté de l'homme à une nécessité brutale de pécher sans grâce, et de faire de bonnes œuvres avec la grâce, qu'il accusait d'astreindre à la discrétion des hommes la puissance de lier ou de délier, de faire des lois doctrinales sur la matière de la foi et des mœurs, étaient des personnes de qui Samuel Des Marets espérait que dans peu de temps ils fouleraient aux pieds la sainte hostie; qui prononceraient des blasphèmes contre les saints; qui déchireraient et mettraient en pièces les saintes reliques et les images de la Vierge, de la Croix et de J.-C; et, sur la fidèle caution de ce ministre de Hollande dont il envenimait les paroles et les conséquences, il s'emportait aux dernières invectives, qui ne pouvaient être mieux appliquées qu'à sa personne, en disant aux disciples de saint Augustin : Erubescite, Exkorrescite^'! etc. Proh pudor, dolor, error in fîde maximus. 11 ajoutait ces dernières paroles à cause de la protection que le Conseil de Brabant voulait donner à M. l'archevêque de Matines et à M. l'évêque de Gand indignement traités par la cour de Rome.

Toute cette harangue séditieuse se terminait par de basses flatteries à l'abbé de Sainte-Ânastasie, en disant que pendant les dix années qu'il avait fait pour le pape la fonction de ministre pour les affaires de la religion aux Pays-Bas, il avait soutenu tout l'effort de celte tempête dont le bruit était venu fondre sur sa tête, et qu'il allait en poste en recevoir la récompense de la main même du Saint Père. 11 l'exhortait de représenter à Sa Sainteté que la répu-

1. Le ras. ajoute ici quelques lignes latines très difficiles à lire, et de nul intérêt ; ou peut les supprimer sans inconvénient.

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