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surer que toutes les personnes s'y sont conduites selon le vrai esprit du christianisme, qui est un esprit de charité, (le vérité et de paix, dont il a été lui-même très édilié; et (|in> même M. Singlin s'est déchargé entre ses mains de ce dont il avait été chargé, ayant cru qu'il n'y en avait point de plus favorable dans une affaire de conscience que celle d'un pasteur; qu'il a cru être obligé pour l'honneur de toutes les personnes qui l'ont bien voulu avoir pour médiateur, et pour le sien propre, de rendre ce témoignage à la vérité.
Dès le soir du même jour, M. de Bagnols fit entendre ce que dessus à M. de Saint-Paul, à la réserve du dernier expédient, parce qu'il n'en fut pas besoin, et ce curé crut que la décharge était nécessaire, non seulement pour les dépositaires, mais même à l'égard de la veuve; il demanda néanmoins du temps pour l'y engager formellement; il fut parlé dans cet entretien des suspicions que ces dépositaires avaient contre M. le président de Maisons, après la déclaration qu'il avait faite, et M. de Saint-Paul les approuva, et promit d'en parler à M'"" de Chavigny, M. de Bagnols lui dit encore qu'un de leurs arbitres, avec lequel il avait conféré de celte affaire, la trouvait trop grande pour être discutée au nombre de cinq qui avait été arrêté à la conférence précédente, et que l'on serait bien aise d'en ajouter encore un de chaque côté. Il rejeta celte proposition, et témoigna au surplus être fort édifié de la conduite que l'on tenait, qu'il dit être très sage, très prudente et très désintéressée.
Le 24 d'octobre, M. de Bagnols étant allé voir M. de Saint-Paul qui était malade, apprit de lui que M"'« de Chavigny agréait l'avis ou le jugement des arbitres que les dépositaires demandaient pour leur décharge, mais qu'elle insistait à garder M. le président de Maisons. Sur quoi M. de Bagnols lui ayant répliqué qu'il était difficile que l'on pût se résoudre à le souffrir, attendu qu'il s'était trop ouvert danscelte affaire, parlantdésavantageusement delà conduite des dépositaires, et que son nom étant dans les papiers comme débiteur d'une grande somme, il pouvait être considéré comme partie ; que si même on ne le pouvait pas exclure, on se résoudrait en tout cas de lui opposer une personne de même dignité^ comme MM. de Novion * et de
1. Nicolas Potier, seigneur de Noviou (1618-1(393), couseilier, puis
Mesmes '. M, de Saint-Paul convint que M™» de Chavigny se faisait tort d'insister à la nomination d'un tel arbitre, et promit de la voir encore pour la presser de s'en départir ou pour accepter en tout cas l'augmentation d'arbitres que l'on proposait.
Le 25, M. de Saint-Paul manda à M. de Bagnols par un billet que cette dame ne voulait point se départir de M. de Maisons ; que l'on y joignait M. Tubeuf, et que l'on nommait pour docteur de Sorbonne M. Rousse*, curé de Saint-Roch; que ces arbitres se rendraient chez lui le lundi suivant, et que l'on attendait incessamment sa réponse. La nomination de M. Tubeuf fil juger aux dépositaires que M'"® de Chavigny ne cherchait pas la décharge de sa conscience dans le jugement arbitral ; mais qu'elle ne pensait qu'à ses intérêts. On remarqua aussi que M. Tubeuf n'ayant aucun caractère de juge, il y aurait contestation entre lui et M. de Lamoignon, qui avait été nommé de la part des dépositaires.
Le 26, les dépositaires reçurent avis de Port-Royal des Champs, qui portait qu'ils devaient sortir des mains des arbitres séculiers le plus doucement qu'ils pourraient et s'en tenir à la décision des trois docteurs de Sorbonne. Toutes choses considérées, on inclina à rendre les papiers à la veuve sans condition, en lui déclarant que l'on en chargeait sa conscience ; qu'elle n'y avait rien et que son mari les avait retranchés de son bien, sans aucun scrupule ni dessein de faire des aumônes^ mais par une pure nécessité. Il fut aussi proposé de suivre l'avis de Port-Royal des Champs qui tendait à terminer cette affaire par l'avis des trois docteurs de Sorbonne, mais, avant que de se déterminer à l'un de ces deux partis, il fut avisé d'envoyer à cette dame une personne qui lui fût agréable et affidée aux dépositaires, pour lui déclarer que l'humeur et les conditions des arbitres ^aïques qu'elle avait nommés leur déplaisaient fort, qu'ils ne pouvaient rendre juges d'une affaire de cette importance des personnes aussi humaines et aussi séculières que l'étaient
président du Parlement, deviut premier président en 1678. 11 était membre de l'Académie française.
1. Jean-Jacques de Mesnies, président à iiiorlier au l'.irlement et membre de l'Académie française, mort en 1688.
2. Rousse, curé de Saint- Roch eu 16.3!, fat signataire de l'appel au Parlement contre les propositions de Cornet.
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cetix-Ià, et qu'ils ne pouvaient li-ouvei- en leur avis la décharge qu'ils cherchaient devant Dieu et devant les hommes. Et pour témoigner la répugnance qu'on avait de les prendre pour arbitres, il fut arrêté que l'on consentirait plutôt à lui remettre les papiers qu'à subir leur jugement.
Le 27, M. Singlinalla prier M"»» du Plessis-Guénégaud de se charger de cette commission, et il apprit chez elle que M. Mole, président et garde des sceaux, savait l'afTaire. M"«« du Plessis ayant été diner pour cet effet chez M-xe de Chavigny, rapporta que cette veuve se rendaità prendre Tun des deux avis qui avaient été concertés le jour précédent, acceptant ou de prendre les papiers, et faisant espérer beaucoup plus de satisfaction qu'on n'en recevrait par une autre voie, ou de subir le jugement des docteurs de Sorbonne. Avant que de se déterminer, on voulut apprendre les sentiments de M. de Saint-Paul, qui s'était beaucoup entremis dans cette affaire, il conseilla aux dépositaires de remettre les papiers aux docteurs de Sorbonne qu'ils avaient nommés de leur part, d'en charger laconscience de la veuve, de lui faire entendre tout ce que l'on savait de secret dans cette affaire pour lui faire craindre les jugements de Dieu, si elle retenait ce que son mari avait retranché de ses biens par de très bonnes raisons et très justes causes ; et au surplus que l'on attendait le jugementdes docteurs pour décider, terminer et déclarer tout ce qu'en leur conscience ils croiraient devoir faire raisonnablement. Cet expédient fut accepté, à la réserve de la remise des papiers que les dépositaires voulaient mettre entre les mains de M. de Saint- Paul pour faire connaître un plus grand désintéressement de leur procédé.
On exécuta la chose dans le même instant, et ce curé reçut les papiers. La veuve, mandée chez lui, se fît devancer par M"»" du Plessis qui vint prier M. Singlin de lui parler le plus doucement qu'il pouvait, parce qu'elle disait être plus morte que vive ; mais M. de Saint-Paul le pria au contraire de lui parler vigoureusement. Etant entrée avec son fils, son père et sa mère, elle parut interdite au premier abord, témoigna que les discours que lui tenait M. Singlin lui causaient beaucoup d'inquiétude, et témoigna en substance que si M. de Chavigny s'était expliqué de sa volonté, elle aurait vendu jusqu'à sa dernière chemise pour l'exécuter, mais que
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lui étant notifiée par M. Singlin saisi des papiers, sa foi lui était suspecte ; qu'au reste ses enfants n'auraient pas du paiu si les effets contenus dans ces papiers étaient retranchés. Les papiers lui furent ensuite montrés, et on lui fit voir un billet de l'épargne de huit cent cinquante mille livres qui lui était inconnu. Ils furent ensuite cachetés du cachet de M. de Saint-Paul et enfermés par lui dans son cabinet, et l'assemblée des docteurs remise au lendemain.
Le 28, on tira à M. de Sainte-Beuve quatre grandes palettes de sang pour une grande colique, ce qui fit voir que les soupçons de M™° de Chavigny, que cette maladie ne fût une défaite, étaient mal fondés.
Le 29, MM. les docteurs s'étant assemblés chez M. de Saint- Paul, il leur proposa succinctement ce qu'il savait de cette affaire, et pria M. de Sainle-beuve de s'en expliquer plus au long. On a su par le rapport que ce professeur de Sorbonne en a fait qu'il s'en acquitta liés sagement et très avantageusement pour la cause qu'il soutenait. M. deSaint-Iloch, nommé par la veuve, dit qu'on avait fait ce qu'on avait pu pour l'empêcher de voir son mari et de lui parler pendant sa maladie; qu'on ne savait comment les papiers étaient venus entre les mains des dépositaires ; qu'on avait peine à comprendre comment ils les avaient voulu retirer de la maison du défunt sans en donner connaissance à la veuve, et plusieurs autres choses sur ce ton. A quoi M. le curé de Saint-Paul répondit très avantageusement pour la justification de ces deux messieurs, et selon la connaissance qu'il avait de leur procédé, il fut arrêté que l'on manderait pour le lendemain M^^ de Chavigny et M. Singlin pour être ouïs.
Le môme jour, M. de Bagnols alla remercier M"** la duchesse d'Aiguillon de la bonne opinion qu'elle avait conçue de la conduite des dépositaires, et des instantes sollicitations qu'elle avait faites en faveur des pauvres auprès de la veuve. Il prit soin de lui justifier plus amplement le procédé qu'on avait tenu, et pour l'engager à seconder leurs bonnes intentions, il lui fit part de tous les secrets de l'affaire qui lui étaient connus, ce qu'il fit d'autant plus librement que sachant combien elle avait aimé feu M. de Chavigny. il était persuadé qu'elle chérissait sa mémoire, et que par conséquent elle était incapable de révéler les choses qu'il luicon-