‹ Mémoires sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 110 sur 412 · LIVRE XV · texte numérisé non relu

LIVRE XV

raient, et à ceux qui pourraient l'arrêter et le manqueraient, ou qui refuseraient de donner toute l'assistance qui dépendrait d'eux pour cet effet, d'être punis comme désobéissants et perturbateurs du repos public. Que Sa Majesté défendait très expressément à tous ses officiers et sujets, de quelque état, dignité, qualité et profession qu'ils fussent, de donner au dit cardinal retraite, aide, ni assistance quelconque, pour quelque cause et sous quelque prétexte que ce pût être; d'avoir intelligence ou commerce avec lui directement ni indirectement, de recevoir aucunes lettres, messages, ni ordres venant de sa part, ni d'exécuter aucuns de ses ordres, à peine aux contrevenants d'être punis exemplairement, et d'être privés des charges, offices, possession et jouissance des bénéfices dont ils se trouveraient pourvus, et déclarés incapables d'en posséder à l'avenir dans le royaume. Sa Majesté ordonnait de plus que cette ordonnance fût publiée partout où besoin serait, à ce que personne n'en prétendît cause d'ignorance. Elle était datée de Compiègne, du 14"^^ jour de septembre.

Aprèsuneordonnancesi fulminante et armée de tout ce que l'autorité royale pouvait avoir de plus terrible, il est surprenant que M. le cardinal de Retz ait trouvé encore en France des amis assez intrépides pour le recevoir en s'exposant à toutes choses. Mais les plus grandes précautions politiques se trouvent quelquefois courtes, et en travaillant à faire des misérables, on travaille à leur acquérir des personnes inconnues qui ont de la compassion pour leurs maux.

Peu de jours après la publication de cette ordonnance, le bruit s'étant répandu qu'il était à Besançon, M. le cardinal Mazarin, qui ne pouvait souffrir qu'il eût aucun lieu de sûreté et de retraite, envoya de ce côté-là des pelotons de cavalerie pour surprendre quelques-uns de ses officiers. Mais ils s'en revinrent sans cette proie, et leur diligence ne servit qu'à faire éclater l'inquiétude de celui qui les avait envoyés.

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